La Dame de Fer, haute en chevelure mais…

Cinéma - La dame de fer

Cinéma - La dame de fer

La Dame de Fer en deux mots : Magaret Thatcher, cumule près de 80 printemps. Rattrapée par ses souvenirs, elle revient sur sa carrière politique, avec pour principal interlocuteur le fantôme de son mari disparu depuis quelques années déjà.

Côté salles obscure… C’est avec curiosité que je suis allée voir, avec Sophie, La Dame de Fer… Curieuse de la prestation de Meryl Street bien-sûr, mais aussi curieuse d’en savoir plus sur une femme politique qui a su se faire une place dans l’un des milieux les plus difficiles d’accès pour qui porte la jupe, surtout à l’époque et qui a donné une impulsion assez incroyable au libéralisme.

Sceptique… La prestation de Meryl Streep est assez impressionnante. De la laque comme s’il en pleuvait mais un travail sur la ressemblance qui dépasse largement le capillaire… Les attitudes, le faciès, l’actrice compose effectivement à merveille pour coller à l’originale.

Oui mais… tentée de qualifier le film de fresque politico-gérontologique… Pour le politique, le combat d’une femme, fille d’épicier, qui accède au pouvoir… Oui, elle se bat, mais j’ai l’impression d’avoir déjà vu des combats plus fervents dans ce même rapport femme/politique… Si son mari a pris le parti d’avoir pour épouse une femme qui s’engage, c’est un peu la seule exception à la règle. L’incontournable “on ne te voit plus à la maison” est compensé par l’idée que monsieur était prévenu, et ça passe comme une lettre à la Royal Mail… Dame de fer lorsqu’elle humilie en public, une fois, peut-être à titre d’exemple, on est loin du tyran souvent décrit.

Quelques décisions qui passent de force… La crise et quelques images d’archive pour souligner la tension qui a fait rage, dans les années 80, outre-Manche, mais j’ai l’impression qu’écouter un album des Clash est presque plus éloquent sur le sujet… Dans les fait, dans la vie des Britanniques, pas sûre de sentir ce qui se passe vraiment. Puis le succès… Le libéralisme fleurissant… un peu. Idem pour les Malouines. On a bien compris qu’elle a opté pour la résistance mais la voir le doigt sur la bouche devant une carte du monde et quatre bateaux en plastique n’éclaire pas franchement l’Histoire…

Bref, un film pas inintéressant mais pas extraordinaire non plus et qui ne justifie peut-être pas une place de ciné à 10€… Une conclusion tout de même, c’est pas beau de vieillir… Un sujet peut-être une peu plus développé que les autres dans le film. Mais là dessus aussi, c’est un peu facile. Si les problèmes liés à la perte de mémoire pouvaient se résoudre aussi simplement que c’est le cas dans le film, la vie serait probablement beaucoup plus simple… Dans d’autres ces, on aurait pu dire “c’est une fiction” et faire preuve d’indulgence… mais ce n’est pas exactement une fiction et c’est là que le bas blesse…

La Dame de Fer, de Phylidia Lloyd,
Avec Meryl Sreep, Jim Broadbent et Suzan Brown,
2012.

Un détour côté ciné, avec The Artist !

Cinéma - The Artist

Cinéma - The Artist

Fan absolue de Singin’in the  Rain, en pleine lecture du Livre des Illusions de Paul Auster, fascinée par l’affiche et impressionnée par la pluie de récompenses reçue par le film… Autant dire que j’attendais beaucoup de The Artist.

Pour mémoire ou pour info, les liens entre ces références et The ArtistSingin’in the Rain a également pour thème ce passage du muet au parlant. Il évoque également l’idée que le monde du cinéma doute de cette technologie, alors que le public adhère rapidement. D’autres éléments rappellent naturellement le film de Gene Kelly et Stanley Donon, mais si j’en dis trop…

Concernant Paul Auster et Le Livre des Illusions, il relate en partie l’histoire d’Hector Mann. Acteur des années 1920 (visiblement tout droit sorti de l’imagination du maître littéraire), il a mystérieusement disparu à cette heure (maudite ou bénite), où le muet a pris de la voix. Un roman magnifique dans le quelque j’avance pas à pas (et qui fera probablement l’objet d’un prochain billet). Il me semblait particulièrement intéressant d’avoir commencé l’ouvrage peu avant de voir le film, me rendant plus “observatrice”, peut-être…

Tout cela pour dire que j’attendais de The Artist un total éblouissement… et que je n’ai pas exactement eu ce que j’attendais… Des précision : c’est incontestablement un excellent film et une idée particulièrement culottée que de proposer un film muet en 2011/12.

Troublant les premières minutes, lorsque les personnages ne parlent pas, on entend bien mieux pop corn, M&M’s et autres friandises dégustées par les spectateurs… Le temps à la salle de s’adapter, d’entrer dans un univers différent… Pas un mot mais un très beau traitement de l’image. Pas de parole mais du rythme et du sens nourris par la bande sonore. C’est l’occasion de percevoir autrement les ressorts émotionnels du cinéma, dans l’humour et dans le drame. En effet, s’il est question du déclin de George Valentin, c’est dans une belle énergie, tendre et souriante, que commence le film.

Une belle prestation de Jean Dujardin et Bérénice Bejo… s’il est nécessaire de le préciser. Le jeu est meilleur que la danse mais Gene, Debby et Donald* ou encore Fred et Ginger avaient ça dans le sang… (cliquez et comparez si le cœur vous en dit !) Costumes et décors reprennent à merveille l’imaginaire hollywoodien de l’époque… L’escalier de la maison de production en est un excellent exemple ! (… vraiment splendide)

Rédiger ce billet est un peu l’occasion de faire le point… En écrivant ces lignes je me rend compte que j’ai peut-être plus apprécié le film que je ne le pensais… Malgré tout, je n’ai pas eu l’impression d’en avoir eu pour mon compte d’éblouissement, sans savoir vraiment ce que je pouvais attendre d’autre… Peut-être trop encensé, j’aurais préféré le voir plus tôt…

Quoi qu’il en soit, ce film reste un très bon moment et une expérience du film muet “new age” intéressante… Il y aurait encore beaucoup à dire mais ce billet est déjà long… A voir pour se faire un avis !

The Artist, de Michel Hazanavicius,
Avec Jean Dujardin et Bérénice Bejo
2011.

*  … en prime, les sous-titres en espagnol ! Le fait est que c’est le meilleur rapport découpage de la scène/qualité que j’ai trouvé…

Rire et émotion avec les intraitables Intouchables !

Intouchables, d'Eric Todelano et Olivier Nakache

Intouchables, d'Eric Todelano et Olivier Nakache

Intouchables, d’Eric Todelano et Olivier Nakache, avec François Cluzet, Omar Sy et bien d’autres.

Retour vers le théâtre il y a peu… et le cinéma n’a pas tardé à suivre. Si l’intention, hier soir, était d’aller voir The Artist avant qu’il ne soit plus diffusé (dix métros de retard, je sais), c’est finalement Intouchables qui a eu les faveurs de la soirée (Jean Dujardin attendra la semaine prochaine !)

En trois mots, c’est la rencontre d’un riche tétraplégique, Philippe, et d’un jeune de banlieue, Driss. Le croisement de deux modes de vies, de deux univers que tout oppose.

Bon, ok, au début on peut se dire que deux mondes que tout oppose, réunis par la magie de la vie (et du cinéma), c’est un peu déjà vu… Première précision, tout cela repose sur une histoire vraie de vraie (on nous donne même des nouvelles des personnes qui ont inspiré le film à la fin)…

OK, mais c’est pas tout… Le duo de choc, formé par François Cluzet et Omar Sy, offre une incroyable tranche de fraîcheur ! Rencontre de deux mondes, on y revient… mais cette fois pour en souligner le bénéfice, celui d’une autre vision des choses qui permet de passer de la dramatisation d’une situation… au rire ! Un humour familier, qui a un petit goût de “SAV des émissions”, disait Bill Haley après la séance. Placé dans un contexte différent, cet humour franc et moqueur permet de rire de tout, ou presque. Une sauce pleine de tendresse, relevée avec vigueur !

Chez les deux acteurs, on sent qu’une véritable complicité s’est crée. Ils sont entourés d’une galerie de personnages peut-être un peu convenus mais incarnés avec efficacité. Les uns et les autres donnent ainsi du volume au sujet.

… en dire plus ? Ce serait peut-être gâcher le plaisir de découvrir ce film !

En y allant, avec en tête nombre de critiques élogieuses, petite crainte d’être déçue (même si je ne suis pas du genre à détester par principe ce qui plait en général, j’assume complètement mon petit côté bon public ! )… Situations choisies, échanges et réalités, C’est finalement ravie que je suis sortie du cinéma, le sourire aux lèvres !

Camille Jochaud du Plessix

Sous surveillance : 1984, Big Brother vous Regarde au Théâtre de Ménilmontant

1984, Big Brother vous Regarde au Théâtre de Ménilmontant

1984, Big Brother vous Regarde au Théâtre de Ménilmontant

1984, Big Brother vous Regarde, de George Orwell, adapté par Allan Lyddiard, mis en scène par Sébastien Jeannerot. Avec Jean-Pierre de Lavarene, Florence Nilsson, Sébastien Jeannerot, Hervé Terrisse, Sébastien Antoine et Anne-Sophie Barla.

Du théâtre… ça faisait si longtemps et ça commençait à manquer !

Vendredi soir, avec Morgane, direction le Théâtre de Ménilmontant pour 1984, Big Brother vous Regarde. Une pièce pas évidente d’approche, vue dans un souvenir relativement vif du bouquin, mon accompagnatrice l’ayant lu il y a peu. C’est donc très curieuses que nous sommes arrivées au théâtre de Ménilmontant.

Dès l’entrée dans le théâtre, le ton est donné. Quatre personnages sont assis en tailleur, masque à gaz sur le nez, mitaines et combinaisons. Il tournent le dos à un écran sur lequel défilent déjà des images en noir et blanc… Manifestations, défilés et scènes populaires s’enchainent alors que les spectateurs d’installent. Le départ et donné pour cette pièce sombre dont il est probablement inutile que je rappelle le pitch.

La pièce ne commence pas forcément là où débute le livre. C’est lors de la rédaction de son journal que l’on retrouve Winston Smith. Le décor, composé d’écrans mobiles, représente alors le petit appartement du protagoniste. Il s’adapte tout au long de la pièce, devenant toile de fond ou télécran, et livre au spectateur, par le biais de projections les parties de l’intrigue que le jeux des comédiens ne peut restituer. Ce décor, manipulé par des acteurs le plus souvent silencieux (membres du parti), évolue de manière quasi chorégraphique.

Il constitue l’environnement de Winston Smith, de son petit appartement, au ministère qui l’emploie en passant par la cantine, la chambre qu’il loue chez les prolétaires, l’espace de liberté de Julia, à l’écart de Londres. Sur ces tableaux mouvants les personnages s’enchaînent, offrant le constat d’une condition sous contrôle.

C’est une société grise et triste, où chaque jour compte moins de mots pour contrôler la pensée elle-même, dernier risque avéré qu’est donnée à voir. Le passé mis à jour, ne doit pas avoir de conséquences sur l’avenir… ils sont nombreux les faits qui interpellent, anticipé avec une étonnante lucidité par Orwell.

Du prolétaire au collègue de travail, de l’envie de liberté de Julia à la force de persuasion d’O'Brian, les comédiens se révèlent à la hauteur du texte qu’ils portent. Douleur du souvenir, froideur sereine, espoirs vains, menace permanente, les personnages, des plus bavards aux plus silencieux (un effet de choeur très réussi dans la dernière partie), participent à cette tension ressentie dès les premières minutes de la pièce.

Rien d’étonnant à ce qu’il s’agisse déjà de la 3ème saison de 1984, Big Brother vous Regarde dans laquelle mise en scène, jeu, effets audio-visuels ont été travaillés avec subtilité. Une petite recommandation si projetez allez voir la pièce : il est préférable d’avoir un minimum l’intrigue en tête, histoire d’avoir des repères ou d’apprécier la manière dont le roman a été adapté. Une petite relecture du roman ou la lecture d’un résumé glané ici ou là, si l’on manque de temps peuvent permettre d’apprécier plus encore cette belle interprétation.

1984, Big Brother vous Regarde
Théâtre de Ménilmontant
15 rue du Retrait
(suivez les fauves de Mosko et Associés et les hommes blancs de Jérôme Mesnager)
75020 Paris 
M°Gambetta (3 et 3bis)

Camille Jochaud du Plessix

Titi From Paris ouvre le Festival Silhouette avec une performance à la Bellevilloise !

Titi From Paris en pleine performance lors de l'ouverture du Festival Silhouette

Titi From Paris en pleine performance lors de l

Jeudi 26 août 2011, le Festival Silhouette ouvrait sa 10ème édition à la Bellevilloise. Pour l’occasion, l’association le M.U.R. s’est jointe au festival de courts métrages Si pour marquer cette ouverture d’une performance avec l’un de ses artistes : Titi From Paris.

Lorsque Corinne et moi entrons, le loft de La Bellevilloise est relooké en mode vacances ! Des transats partout, de la moquette en faux gazon, un bar en mode paillotte… Tout y est !
Mais si nous sommes là, ce n’est pas pour nous extasier face aux accents champêtres pris par l’endroit, mais plutôt pour voir travailler Titi From Paris… Au moment où nous le voyons peindre, il est en train de fignoler ses personnages, alors qu’un groupe de jazz joue sur la scène. Casquettes vissées sur la tête, cochon sous le bras, à voir, on entend presque leur ton goilleux, leur langage fait d’expressions hautes en couleurs !

Malheureusement, pas le temps de rester, mais…

Une vidéo de la performance a été réalisée par l’artiste Surfil. Pour la découvrir, il faudra être samedi 3 septembre, à 19h30, aux Buttes-Chaumont pour la soirée spéciale marquant les 10 ans du festival !

C’est également là qu’il faudra se rendre pendant tout la durée du festival pour voir le triptyque de Titi From Paris, pendant toute la durée du festival, jusqu’au 4 septembre 2011 ! J’y passe dans la soirée… Très vite, le triptyque achevé sera sur ComCam&Co !

Festival Silhouette
En plein air
Entrée place Armand Carrel du parc des Buttes-Chaumont
75 019 Paris
 M° Laumière (5)
 
En salle, au 104
5, rue Curial
75 019 Paris
 M° Riquiet (7)

Camille Jochaud du Plessix

Délire rétro avec The Party de Blake Edwards

The Party, Peter Seller au comble de son art

The Party, Peter Seller au comble de son art

The Party, par Blake Edwards, avec Peter Sellers, Capucine Longet, Marche Champion, Fay MacKenzie et Gavin MacLoed, 1968.

Hollywood, dans les années 1960. Hrundi V. Bakshi, un indien de haute voltige débarque dasn l’empire du cinéma pour y tourner un film. La maladresse de l’interprète aura raison des nerfs du réalisateur. Ce-dernier, fou de rage, vire l’acteur de son tournage et promet que jamais plus il ne tournera à Hollywood. Au lieu de se retrouver sur liste noire, Hrundi V. Bakshi se retrouve sur la liste des invités de la fête annuelle du studio, une prestigieuse soirée promise à devenir périlleuse !

En terme de délire, The Party est un petit bijou. L’approche est très visuelle et relève complètement de l’hmour de situation. Blake Edwards, met en scène un Peter Sellers déchainé qui décline le gag et le ridicule comme peu l’ont fait. Son sourire bon-enfant, sous le charme duquel tombe la ravissante Claudine Longet rend presque doucereux le chaos qui va crescendo dans cette incroyable fête. Le tout est servi sur un fond à la fois kitch et luxueux. On en redemande et on en a pour son pesant de délires !

Une petite merveille qui donne envie de redécouvrir, entre autre, La Panthère Rose ou encore What’s New Pussycat ?, que l’on se place du côté du réalisateur ou de l’acteur “vedette” (pour employer le terme de l’époque) de The Party !

Camille Jochaud du Plessix

Le LOL Project, rire à gorge déployée au Forum des Images

Le LOL Project au Forum des Images

Le LOL Project au Forum des Images

Pour hier soir, Sophie m’avait proposé le vernissage de l’expo LOL Projet, ouverture également de la dernière partie du cycle “Eclat de rire”, du Forurm des Images.

Du 8 juin au 31 juillet 2011, ce sont en effet plus de 200 films qui y sont présentés. Toutes époques et tous genres confondus, de Buster Keaton à Jean Dujardin en passant Woody Allen !

La présentation de ce dernier volet est donc l’occasion d’exposer le LOL Project. Lancé en 2009, à l’initiative de David Ken et Willam Lagorge, l’objectif est de capter le moment du “lâcher prise” propre au de rire. Des visages par centaines, yeux pétillants et dents saillantes sont au rendez-vous. L’une des rares missions demandées aux modèles, porter de la couleur…

Par quatre, par dizaines, par centaines,les rires s’enchaînent et se déchainent, se déclinent par ces couleurs qui donnent un peu plus de personnalité à ceux qui s’exprime dans un éclat universel ! 1 500 rencontres, autant de rires, à découvrir à l’étage de l’exposition, en vidéo et en noir et blanc.

Sophie fait une remarque : ” que l’on peut raconter aux gens pour qu’ils rient comme ça ? “

Dans l’espace où le vernissage s’est vite rempli, nous nous interrogeons : “comment à une expo sur le rire les gens peuvent-ils sembler si peu rigolos ?”. Mieux vaut se nourrir des visages réjouis des photos !

Puis il est temps de se rendre dans la salle de projection. Après la diffusion d’une ouverture de festival cahotique de Norman MacLaren, une présentation du cycle est proposée par les personnes qui ont mis en place le cycle. David Ken en profite pour remercier les personnes qui ont contribué au LOL Project. Emmanuel Mouret, réalisateur du court métrage et du film qui vont être diffusé. Commencent alors Caresse, puis Changement d’Adresse.

LOL Project – Eclat de Rire
Jusqu’au 31 juillet 2011
Forum des Images
Place carrée du Forum des Halles
75 001 Paris

Camille Jochaud du Plessix

Cuisine et Dépendaces, un dîner salé à la Comédie des 3 Bonnes !

Cuisine et Dépendances à la Comédie des 3 Bonnes

Cuisine et Dépendances à la Comédie des 3 Bonnes

Cuisine et Dépendances, d’Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, mise en scène par la Compagnie des Enfants de la Nuit, interprétée (ce jour-lá) par Amélie Robert (Charlotte), Tiphaine Daviot (Martine), Brieuc Skira (Georges), Julien Covin (Jacques) et Vincent Labie (Fred).

Lors d’un dîner entre amis, la tension monte au gré des retards des uns, de la mauvaise humeur et du naturel des autres. La soirée tourne au vinaigre… et aux règlements de comptes.

Le théâtre de la Comédie des 3 Bonnes est un petit espace fait d’une scène et d’une salle d’une cinquantaine de places. A quelques mètres seulement des comédiens, en tant que spectatrice, j’ai eu l’impression d’avoir pris place dans la cuisine de Jacques et Martine.

Cuisine et Dépendances, un peu à l’image du film de Philippe Muyl (dont j’ai un souvenir plus ou moins vague), est une galerie de portraits. Petit retour sur quelques stéréotypes hauts en couleurs, riches de leurs caractères.

Jacques est le mari de Martine. Affublé d’une cravate Le Roi Lion ridicule, c’est l’homme droit et raisonné, comparé aux autres. Homme de la maison, sa capacité à jouer la carte de l’autorité est limitée par ses bons sentiments, sa gentillesse.

Martine, épouse de Jacques, c’est aussi la soeur de Fred. Femme au foyer, sa vie est teintée de problèmes aussi existentiels qu’on puisse les imaginer. Un brin survoltée, ses mimiques sont expressives et drôles.

Georges, c’est le deuxième homme de la maison. Après 8 jours de squattage de canapé devenus en 2 mois, il vivote, tente d’écrire tout en exerçant à mi-temps un boulot dans une agence de voyage. Plus sur le mode “spleen de Paris” qu’ “invitation au voyage”, on a tendance à se demander comment cet ours mal léché peut faire rêver des clients aux envies d’évasion.

Fred, c’est le pote sympa mais qu’il vaut peut-être mieux ne pas avoir. Frère de Martine et “beauf” de Jacques, ce joueur de poker, plus looser que gagnant taxe régulièrement ses proches.

Charlotte, c’est la jolie jeune femme, épanouie professionnellement, elle tente de (se) convaincre de son épanouissement sentimental. Ex de Georges, qui ne veut (s’)avouer qu’il la regrette, elle s’en est allée avec un autre ami de la bande de potes originelle. Son époux devenu vedette de la télé est l’un des invités que l’on ne verra pas.

Les absents physiquement, justement… Une mise en scène et une interprétation efficaces permettent d’incarner ceux dont on ignore le visage. Ces personnages mystérieux, l’exubérant mari de Charlotte et la très libérée Marilyn, sont finalement omniprésents. Les comédiens sont excellents : crédible, les rôles semblent tailler sur mesure pour eux, au point que je m’interroge sur “l’autre” distribution…

En effet, la pièce est jouée en alternance. Quand il ne s’agit pas des comédien que j’ai vu, les interprètes sont : Nicolas Lorcy (Georges), Pierre André Ballande (Jacques), Romain Chateaugiron (Fred), Juliette Chavelot ou Elsa Morizot (Charlotte) et Amélie Robert (Charlotte).

Je ne pense pas avoir le temps de retourner voir la pièce et donc la seconde interprétation mais je ne saurai que vous inciter à vous inviter à ce dîner (très salé), plein d’humour et relevé d’une pointe de cynisme…

Vous y êtes allé ? N’hésitez pas à laisser un commentaire pour dire ce que vous en avez pensé !

Cuisine et Dépendances
Comédie des 3 Bonnes
32, rue des 3 Bonnes
75 011 Paris
M° Parmentier (3)
ou Goncourt (11)

Camille Jochaud du Plessix

L’Homme qui en Savait Trop, le premier essai d’Hitchcock de 1934

L'homme qui en savait trop, Altred Hitchcok, 1934

L'homme qui en savait trop, Altred Hitchcok, 1934

L’Homme qui en Savait Trop (version sortie en 1934), d’Alfred Hitchcok, avec Leslie Banks, Edna Best, Perter Lorre, Franck Voster et Nova Pilbeam.

Un couple anglais, les Lawrence, en vacances avec leur fille à Saint-Moritz, se trouve impliqué dans une affaire d’espionnage suite à l’assassinat d’une espion français. Pris au piège dans cette sombre histoire, il n’ont d’autre choix que de se taire : la vie de leur fille kidnappée est en jeu. Il devront agir seuls pour récupérer leur enfant.

Il s’agit de la première version du film, sorti en 1934, la britanique. J’ai du mal à me faire un avis sur ce film. J’adore le style. Les décors sont excellents, les espaces offrant de belles perspectives, les costumes ont la classe de l’époque, l’intrigue pourquoi pas… mais j’ai un peu plus de mal avec les péripéties qui l’illustrent.

Si la réalisation est intéressante, et (me semble) très bien construite “pour l’époque”… je manque un peu de conviction. J’aime beaucoup les images du film, certains passages, celui du bal, théâtre du crime, celui du dentiste ou encore celui du concert mais… je reste sceptique sur l’ensemble.

… Mais justement, je suis encore plus curieuse de découvrir la version américaine de 1956, avec James Stewart et Doris Day. J’aime beaucoup l’idée qu’Hitchcock ait revisité son propre film. Savoir que l’intrigue commence à Marrakech me donne plus envie  de voir la seconde version…

Et puis, même si je ne suis pas séduite, ça fait longtemps que j’ai envie de découvrir l’œuvre du maître. Une envie plus forte encore depuis que j’ai vu Hitch, au Lucernaire, sur la rencontre du maître, d’Alma, sa femme, sont double et de François Truffaut, pour la rédaction du Hitchbook. Une petite merveille cette pièce !

Bientôt, une nouvelle sombre escale dan l’univers Hitchcockien…

Camille Jochaud du Plessix

20 Novembre, de Lars Norén

Nouvelles surprises poétiques à la Finale du Grand Slam National au Théâtre de Ménilmontant

Finale par équipes du Grand Slam National

Finale par équipes du Grand Slam National

Si certain ont bataillé sur terre battue, ce dimanche 5 juin 2011, d’autres ont marqué des points sur le terrain des mots. Ma curiosité animée depuis vendredi par une discipline que je découvre tout juste : le slam… me mène au Théâtre de Ménilmontant.

J’assiste donc à la toute dernière partie de l’opération : les finales par équipe du Garnd Slam National. Les équipes en lisse sont : Belleville AAB et Culture Rapide pour Paris, Gare au Tréâtre pour Vitry et Buck Mulligan pour Nantes.

L’ambience est assurée par un énergique “chauffeur de salle ” qui, après présentation des équipes et du jury (sélectionné dans le public), annonce les poètes. Histoire de lancer les “hostilités” sous les meilleurs auspices, c’est David Gouderault, champion du monde, cette année, qui ouvre cette finale.

Puis les équipes s’enchaînent pour 4 rounds où humour, amour, quête de soi, solidarité, les mots eux-mêmes sont abordés sous les encouragements du public. On rit, on applaudit, on désapprouve les notes du jury… Les styles sont variés, certains s’éloignant du ton très sacadé, plus ou moins proche du rap pour trouver leur propre rythmique (à raison, selon moi).

Une fois de plus, c’est un sourire qui se dessine sur mon visage, surprise de découvrir encore plus largement la créativité qui se cache derrière tout ça. Une claque aux idées reçues ne fait jamais de mal !

Les lauréats sont donc :

  1. Buck Mulligan (Nantes)
  2. Gare au Tréâtre (Vitry)
  3. Belleville AAB (Paris)
  4. Culture Rapide (Paris)

Bravo à eux… et au passage, un coucou aux membres de la Déclam’ (s’ils lisent cet article), avec lesquels j’ai apprécié d’échanger quelques instants sur leur passion des mots !

Camille Jochaud du Plessix

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