Balade grandeur street art au travers des pages de Vitry Vit le Street Art !

Vitry Vit le Street Art aux Editions Urbanité

Vitry Vit le Street Art aux Editions Urbanité

Hier soir, au 16 Tholozé, avait lieu une signature/expo dans le cadre de la sortie de Vitry Vit le Street Art. L’ouvrage, signé Brigitte Silhol, Juliette Rouly et Nath Oxygène, paru aux Edition de l’Urbanité, est à la fois haut en couleur et techniquement varié.

Vitry Vit le Street Art donne à cette ville un visage différent de celui qu’on lui connaît. C’est en fait le visage que les artistes ont voulu lui donner, en faisant un terrain d’expérimentation artistique hors du commun.

Ils sont nombreux à avoir posé leurs couleurs sur les murs… Ender, Kashink, Céleste, JPM, Jérôme Gulon, pour ne citer que ceux qui ont signé mon exemplaire… Pour plus d’info, je vous laisse consulter la page Facebook de
Vitry Vit le Street Art, dont le lien est à la fin de ce billet !

Un ouvrage qui permet d’en prendre plein la vue et de remplacer les gouttes de pluie par de délicieuses taches de peinture en ces jours de triste grisaille !

Vitry Vit le Sterrt Art
Par ….
Aux Editions Urbanité

Camille Jochaud du Plessix

La Nuit du Tagueur de Nathanaël Fox, la forêt est urbaine dans le regard du renard…

La Nuit du Tagueur, Nathanaël Fox, éd Riveneuve

La Nuit du Tagueur, Nathanaël Fox, éd Riveneuve

Fin juin 2011, j’ai eu l’occasion de rencontrer Nathanaël Fox, à la foire street art de Saint Sulpice. Auteur de polars et essayiste, quelle a pu être sa contribution à cette foire sur le street art  ? Et bien Nathanaël Fox affirme être le premier auteur d’un roman qui a pour thème central l’univers du graff. Lors de cette foire, présentait La Nuit du Tagueur, publié aux éditions Riveneuve.

Lors de cette rencontre, nous avons échangé quelques mots sur le sujet, sur Les Lilas, ville qu’il habite également, ou encore sur le regard particulier qu’est celui du spectateur curieux qui apprend à voir, à découvir et à se laisser surprendre par l’univers du street art. Apprenant que j’ai un blog, sur lequel le sujet en question est récurrent (à l’échelle de mes connaissances naissantes), il me propose un exemplaire de son livre, qu’il me dédicace.

Pas trop de temps pour me concentrer sur un roman avant les vacances. Nathanaël Fox était prévenu, mais après tout, le suspens, c’est son domaine ! Heureusement, les vacances sont arrivées (et malheureusement déjà terminées)… Ma première semaine a été rythmée par les pages de La Nuit du Tagueur. Curieuse (comme il se doit), impatiente de commencer ma lecture, j’ai mis dans mon sac de plage un roman qui commence… Aux Lilas, rebaptisés l’Orée du Bois pour devenir théâtre de l’action !

C’est un polar… sur l’intrigue, je ne peux donc pas trop en dire… Mais voilà quand même pour la mise en contexte :

Richard voit sa vie envahie par le doute. Peintre, il traverse un blocage artistique. Père, il est spectateur de son manque d’autorité, face à un fils distant et secret. Son couple, quant à lui, se défait peu à peu, ne laissant devant lui qu’un sombre horizon.

David, son fils, semble particulièrement troublé depuis quelques temps… Et pour cause, le jeune homme a perdu l’un de ses proches amis, visiblement assassiné. Joe était membre du crew que David tente d’intégrer et auprès duquel il doit faire ses preuves.

Le manque d’autorité n’empêche une sorte de complicité “artistique” entre le père et le fils. Un jour, David fait remarquer un détail à son père, sur un graff du crew. Il a été toyé, inexplicablement modifié. Rapidement, l’hypothèse d’un lien avec le meurtre de Joe s’impose. Découvertes et rencontres, amènent Richard à enquêter sur le crime.

De l’univers du graff à celui du jeu, le hasard est parfois sous contrôle. Sous la plume de Nathanaël Fox, ils deviennent les ficelles d’une intrigue à la fois sombre et haute en couleurs. Un poème ouvre le roman, il aura le rôle de passage d’un court chapitre à l’autre. Mêlant points de vue et ellipses narratives, l’auteur apporte à son texte une forme de saccade propice aux mondes explorés.

Dans La Nuit du Tagueur, l’art est décliné sous toutes ses formes : des images bien sûr, mais aussi des réflexions et surtout, une galerie de portraits. Richard et David sont les pièces maîtresses de l’expo. Viennent s’y ajouter à l’histoire Gina, la mère, Véronique, la copine de David, Balthazard, le galeriste, Gap artiste proche de l”univers du graff, Euler, le sociologue ou encore l’inspecteur Merle. Les personnages nourrissent des univers plus ou moins parallèles, où la notion de hiérarchie fait loi.

Un roman à parcourir au fil des murs, qu’il a été particulièrement intéressant de lire après avoir découvert L’art du graffiti, 40 ans de pressionnisme, au Grimaldi Forum de Monaco. C’est d’ailleurs Alain-Dominique Gallizia qui a préfacé cette Nuit du Tagueur.

Nathanaël Fox
La Nuit du Tagueur
Editions Riveneuve

Camille Jochaud du Plessix

Le tour de l’Opus Délits en 10 questions #14 : Speedy Graphito

Opus Délit #14 - Speedy Graphito

Opus Délit #14 - Speedy Graphito

Depuis quelques mois j’ai poursuivi mon initiation au monde du street art. De rues, en murs, de musées en foires, de vernissages en événements, c’est aussi grâce à un support cher à mon coeur de littéraire que je développe ma connaissance de cet univers : les bouquins…

Autant dire que sur le sujet, il y a de quoi faire. J’aime ça, j’en achète pas mal… et ma table de nuit se remplit de semaines en semaines (oui, c’est là qu’est mon “rayon street art”… C’est pas donné à tout le monde les balades urbaines depuis son lit et croyez-moi, c’est plutôt cool ! )… Sur cette base de “plus j’en sais, plus j’ai envie d’en savoir (il y a encore beaucoup de taf) ; plus j’en sais, plus j’ai envie d’en partager”, j’ai publié sur ComCam&Co, il y a peu, quelques lignes sur  Paris Street Art, de Vito del Forte et Romuald Stivine. Ce mois d’août étant beaucoup plus calme question événements (à relativiser… mais quand-même), j’ai envie de remplacer mes balades réelles par quelques unes de ces balades pas à pages dans le petit monde magique des livres.

Les Opus Délits, sont de petites merveilles. Le format carré est sympa, c’est l’occasion d’avoir une vue raide du travail d’un artistes et de connaître les temps forts des carrières des uns et des autres… sans oublier que visuellement, il y a de quoi se régaler.

Inutile de détailler plus le contenu, je ne vais pas “réécrire” ce qui l’est déjà beaucoup mieux que je ne saurais le faire. Par contre, je ne peux que vous inciter à les parcourir ! Pour ça, de petites séries d’une dizaine de questions dont les réponses sont dans les bouquins… Peut-être vous donneront-elles envie de pousser la porte d’une librairie pour aller un peu plus loin !

Aujourd’hui, à l’honneur, Speedy Graphito, Home Street Home,, le 14ème opus de la collection, de Patrick Le Fur et Arièle Schewps… Et voilà l’interro :

Quels ont été les moments clés de la carrière de l’artiste et quand ont-ils eu lieu ?

Comment son message sur la société de consommation s’est-il construit dans une suite relativement logique ?

Dans quelles circonstances Speedy Graphito a-t-il commencé le dessin et comment a-t-il poursuivit son apprentissage ?

Quelle est son approche de la rue ? Comment y est-il venu ? X Moulinex, ça vous parle ?

Question “vocabulaire graphique”, quel découverte a été déterminante pour Speedy Graphito ?

Comment son expérience dans l’univers du théâtre a-t-elle influencé son travail de rue ?

Comment l’illusion d’optique et l’illusion publicitaire mènent au tourbillon graphique ?

Quelle part de lui-même se cache dans son iconographie POP-ulaire ?

Comment Speedy Graphito a-t-il dépassé le statut de “citoyen du monde” en 1993 ?

Dans quel pays se trouve l’Ambassade de France à laquelle il a donné ses couleurs en 2010 ?

Bonne lecture, peut-être !

Speedy Graphito, Home Street Home
Par Partick Le Fur et Arièle Schewps
Collection Opus Délits, l’Essentiel du street art n°14
Editions Critères
2010.

Camille Jochaud du Plessix

Paris, galerie à ciel ouvert : visite guidée de Romuald Stivine et Vito del Forte avec Paris Street Art

Paris Street Art, visite guidée de Romuald Stivine et Vito Del Forte

Paris Street Art, visite guidée de Romuald Stivine et Vito Del Forte

Ayant commencé, il y a quelques mois déjà, mon initiation au street art parisien, est venu le moment de me trouver des repères. En effet, si certains artistes sont pour moi de plus en plus identifiables, la galerie à ciel ouvert qu’est Paris reste parfois un peu confuse.

Il y a quelques semaines, j’ai donc (enfin) investi dans Paris Street Art, de Romuald Stivine et Vito del Forte, publié en 2008, aux éditions Prestel. Ce petit bouquin permet de se familiariser avec quelques grands noms du milieu, de repérer leur graphisme, d’admirer des oeuvres qui ont été remplacées par d’autres.

Si la riche série de photo est le plus souvent identifiée, on y trouve également quelques “Unknown” dont on se délecte également des oeuvres… Les “identifiés” sont nombreux dans ce “catalogue d’expo éphémère” : Space invader, Zbs, 36Recyclab, Duster 132, Wk Interact, M.BW, Sich, Pq, David Gouny, Poch, Spizz, Gilbert, Mezzoforte, André, Fremantle, Dolk, Mimi le clown, Sixo, Teurk, Krsn, Aches, Kros, Turbo, 3615, Le cyklop, Titi Freak, Zezão, Alexandro Vasmoulakis, Koeurélé, June, Mesnager, Jean-Luc Duez, Jb.Leonardi, L’Atlas, Popay, Nekotwo, Koléo, G, Dan23, Lem, Jana&JS, Mosko&Associés, Artiste-ouvrier, Marybel, Belleville jungle, Le Chevreuil, Olivia, Nemo, C215, Monsieur qui, FKDL, Honet, Daniel Melim, Jef Aérosol, Miss.tic, Lyl, Koléo, Wanda Savy, Native, Pixal Parazit, Shaka&Nosbé, Teurk-Jaya, hao, Gorelaume, Microbo, Disco shoes, Aleteia, The Plug, Peripheral media project et Dominique Larrivaz.

Une petite merveille qui éclaire pas mal de lanternes et donne envie de compléter la collec avec les éditions consacrées à Munich, Berlin, Londres (une acquisition prochaine en prévision de quelques jours so british au mois d’août) et New York (juste pour le plaisir en attendant “the big day”)…

Sreet Art Paris,
Romuald Stivine et Vito Del Forté
Éditions Prestel
2008

Camille Jochaud du Plessix

Street Art Paris, à la foire de Saint Sulpice J-1

Henry Hang pour Macadamisme à la foire Street Art Fair Paris

Henry Hang pour Macadamisme à la foire Street Art Fair Paris

Hier soir, heureuse de voir que le mauvais temps faisait une trêve, je suis allée à Saint Sulpice pour Street Art Paris. C’est l’occasion rêvée pour de nouvelles découvertes et pour revoir des oeuvres déjà aperçues.

Le temps passe vite, dans le monde du street art aussi… je n’ai donc parcouru qu’une partie de la foire, mais comme elle dure jusqu’au mercredi 22 juin 2011, je compte y retourner chaque jour pour y trouver de nouvelles adresses et bien sûr, découvrir de nouveaux artistes…

Petit parcours de ce lundi (je ne fais que citer… des articles plus détaillés arriveront au gré des vernissages et expo !). Ce soir, j’ai vu :

Mr Lolo, Paella et Miss.Tic, présentés par la galerie Fanny Guillon Lafaille, là où j’ai rencontré Miss.Tic il y a quelques mois, je l’ai d’ailleurs aperçue hier !

Jaké et Freddish, pour la galerie Villain… Où j’irai sous peu pour le vernissage de la prochaine expo de Jaké.

Specter, Philippe Baudelocque et Hoppek, de la Since Upian Gallery, dont il sera question à nouveau à la fin de la semaine sur ComCam&Co, dans le cadre du vernissage de l’expo de Specter. Je rencontre aussi FKDL, familier de la galerie. Collagiste, il met les courbes féminines à l’honneur dans des réalisation pour lesquelles il a recours à des magazines et journaux des années… environ ! Evidemment, je suis adepte !

Autre rencontre, celle Nathanael Fox, auteur de La Nuit des Tagueurs, premier (semble-t-il) roman se déroulant dans l’univers du street art… Le temps d’attendre la plage (au mois d’août) et je commence une lecture qui fera naturellement l’objet d’un billet sur ComCam&Co ! Alors qu’il est présent pour signer son livre, Stesi est en train de réaliser un graff, juste à côté, une oeuvre qui sera probablement achevée d’ici mercredi.

Enfin, Macadamisme. Séduite lors du premier opus, un peu déçue par le deuxième, j’attendais avec impatience de voir ce qu’allait donner ce nouvel événement… Et c’est dans ce genre de moment qu’il faut reconnaître que laisser une chance peut valoir le coup . (Et là je développe, en bref) . Fazer est toujours là, fidèle au poste… on retrouve l’installation du deuxième round mais aussi des oeuvres nouvelles aux fonds plus abstraits. Les nouveaux artistes sont légion : Nebay et ses lettrages aux effets de texture et au graphisme énergique ; Siko et ses dessins en noir et blanc qui rappellent l’univers du tatouage ; Dacruz, qui, au cours d’une performance sur plusieurs jours fait sortir ses graffs de la toiles pour les répendre sur les murs de l’expo (c’est génial !) et enfin, Henry Hang, que j’ai eu l’occasion de voir travailler en direct, créant un univers que l’on croirait sorti d’un nuage. L’artiste diversifie les techniques : il réalise sa fresque au dessin au feutre, il expose des huiles sur toiles et, plus étonnant, il a réalisé quelques portraits avec du thé et du vin, pour un résultat doux et nuancé…

La suite de la visite, c’est pour demain ! En attendant, bonne fête de la musique et une pensée pour Jean-Paul Sartre (si près de Saint Germain, ça s’impose…), dont ce serait le 106ème anniversaire aujourd’hui !

Street Art Paris
Du 20 au 22 juin 2011
Foire de Saint Sulpice
Place Saint Sulpice
75 006 Paris
M° Saint Sulpice (4)

Camille Jochaud du Plessix

Retour sur la vie de Franz Kafka avec La Lettre au Père

La Lettre au Père, Franz Kafka, 1919.

Kafka revient sur les relations qu’il a eu avec son père avec son père. Retour sur des relations qui ont laissé des traces aussi fortes qu’indélébiles dans sa construction en tant qu’homme et dans son rapport aux autres.

Préparant mon court séjour à Prague, j’ai voulu lire un peu, histoire de m’imprégner un minimum de la culture tchèque avant mon départ. Je me suis donc emparée d’une oeuvre de Kafka trouvé dans le nid maternel.

La Lettre au Père, jamais parvenu à son destinataire, est finalement l’oeuvre idéale lorsque l’on a jamais lu Kafka (toute littéraire que je suis, j’ai souvent eu envie de le lire sans jamais m’y mettre) et que l’on prépare ce genre de (court) voyage : l’auteur porte un regard sur l’ensemble de sa vie, faisant l’amer constat de l’échec de ses relations avec son père.

La lettre est douloureuse. Enfance difficile, adolescence troublée par l’autorité paternelle qui fait peu de cas des ambitions, même à l’âge adulte, l’échange est compliqué.

Hermann Kafka, marchand de nouveautés dans le centre de Prague, il a eu, lui aussi, une enfance difficile mais plutôt que se féliciter d’offrir à sa progéniture des conditions de vie meilleures, cet homme sombre, austère, préfère la comparaison. Souvent, Kafka donne l’impression d’une rancoeur profonde de la part d’un père qui n’a d’estime que pour lui-même. Pire, c’est dans une mise à l’épreuve permanente que semble être encore le fils lorsqu’il rédige sa lettre, la confession de ses regrets.

C’est donc cette éducation difficile, mais aussi le rapport au judaïsme, la situation professionnelle et l’envie de fonder une famille que Kafka passe au crible. Les opinions du père doivent être acceptées comme vérités universelles, chaque initiative du fils est réduite à néant en quelques mots. Jamais l’homme en souffrance n’incrimine son géniteur, soulignant constamment la probable volonté de “bien faire”, avant d’énoncer ce qui aurait pu se passer autrement.

Kafka, dans sa Lettre au Père, explique finalement comment cet incessant combat perdu d’avance a marqué son comportement, nourri son sentiment d’être toujours dans l’erreur. C’est un texte beau et fort que l’auteur livre avec cet ouvrage. Douloureuse, c’est sans doute par crainte de ce qu’elle aurait pu susciter Kafka père que l’écrivain renonce à la transmettre. Dans les dernières pages, il donne d’ailleurs l’idée d’une réponse tout à fait plausible que l’homme triste et sûr de lui aurait faire à l’homme déçu, intérieurement brisé.

Nouvelles surprises poétiques à la Finale du Grand Slam National au Théâtre de Ménilmontant

Finale par équipes du Grand Slam National

Finale par équipes du Grand Slam National

Si certain ont bataillé sur terre battue, ce dimanche 5 juin 2011, d’autres ont marqué des points sur le terrain des mots. Ma curiosité animée depuis vendredi par une discipline que je découvre tout juste : le slam… me mène au Théâtre de Ménilmontant.

J’assiste donc à la toute dernière partie de l’opération : les finales par équipe du Garnd Slam National. Les équipes en lisse sont : Belleville AAB et Culture Rapide pour Paris, Gare au Tréâtre pour Vitry et Buck Mulligan pour Nantes.

L’ambience est assurée par un énergique “chauffeur de salle ” qui, après présentation des équipes et du jury (sélectionné dans le public), annonce les poètes. Histoire de lancer les “hostilités” sous les meilleurs auspices, c’est David Gouderault, champion du monde, cette année, qui ouvre cette finale.

Puis les équipes s’enchaînent pour 4 rounds où humour, amour, quête de soi, solidarité, les mots eux-mêmes sont abordés sous les encouragements du public. On rit, on applaudit, on désapprouve les notes du jury… Les styles sont variés, certains s’éloignant du ton très sacadé, plus ou moins proche du rap pour trouver leur propre rythmique (à raison, selon moi).

Une fois de plus, c’est un sourire qui se dessine sur mon visage, surprise de découvrir encore plus largement la créativité qui se cache derrière tout ça. Une claque aux idées reçues ne fait jamais de mal !

Les lauréats sont donc :

  1. Buck Mulligan (Nantes)
  2. Gare au Tréâtre (Vitry)
  3. Belleville AAB (Paris)
  4. Culture Rapide (Paris)

Bravo à eux… et au passage, un coucou aux membres de la Déclam’ (s’ils lisent cet article), avec lesquels j’ai apprécié d’échanger quelques instants sur leur passion des mots !

Camille Jochaud du Plessix

Instant poétique ou comment j’ai eu connaissance du Grand Slam National et de la Coupe du Monde

Grand concours national et coupe du monde de slam - La finale, le 4 juin !

Grand concours national et coupe du monde de slam - La finale, le 4 juin !

Hier soir, alors que je rentrais chez moi après un agréable moment sur les quais de Seine, puis dans la cour du Louvre. Pendant le trajet, je pensais aux difficultés que j’allais probablement avoir à m’endormir le ventre creux. A Belleville, n’écoutant que mon estomac, je sors et prends une crêpe au passage. Pas envie de la manger dans le métro… Je commence à monter la rue à pieds.

A mi-chemin, entre Belleville et Pyrénées, il y a une terrasse avec encore pas mal de monde pour l’heure un peu avancée et les gens sont calmes… Et pour cause : il y a quelqu’un qui déclame au centre de la petite place. J’ai l’impression d’avoir changé d’époque, sans vraiment savoir où j’ai bien pu atterrir. C’est assez surprenant : un poète est au centre, il slam, parfois repris en coeur par certains habitués ! C’est génial et malgré la fatique, je m’arrête.

Je commence par entrer dans au Culture Rapide et échange quelques mots avec le serveur qui m’informe sur le déroulement de l’événement et le fait que son bar accueille régulièrement des poètes. Je retourne dehors et trouve une chaise.

Je prends place près de quelques poètes, qui iront ajouter leurs mots à ce “festival de paroles”. C’est l’occasion pour moi de découvrir le slam d’une manière complètement nouvelle. Et ce sont bien de poètes qu’il s’agit. Dire des choses belles, fortes, dans l’humour ou l’émotion, un brin politisant de temps en temps mais qu’importe, ils ont une vraie créativité, une envie de partager, ils donnent un nouveau sens à la poésie. Ils la modernisent et lui redonne sa vocation d’origine, celle d’être déclamée au public, de raconter une histoire, de faire passer un message en quelques vers. Le slam, ce n’est pas que trois clampins à la télé : c’est une nouvelle poésie, qui a ses codes et ses règles, ses genres et ses voix aux rythmes sacadés… Je suis arrivée trop tard pour vraiment en profiter… Une autre probablement, le Culture Rapide accueille régulièrement les artistes de l’association voisine.

J’échange quelques mots avec les membres de La Déclam’, équipe qui est venue de Troyes pour participer au concours. L’un d’eux, qui vient de réciter un texte en anglais (yes sir, le concours est international !), me dit qu’il m’envie. Il a bien compris que c’était le hasard qui m’avait menée là, et comprend tout ce que ça a d’extraordinaire…

Plusieurs fois, ces derniers jours, on m’a demandé pourquoi j’aime tant Paris. La réponse est en grande partie dans ces petits moments, aussi inattendus que magiques… Paris c’est métro, boulot, dodo, sur le mode speed en permanence… Mais quand on prend le temps d’une pause, Paris murmure tout bas : “Voilà, c’est pour toi. Tu m’aimes, je te le rends bien, n’est-ce pas ?!”

Demi-finales du Grand Slam national et finale de la coupe du monde
Samedi 4 juin 2011, à partir de 19H
La Maroquinerie
2 rue Boyer
75 020 Paris
Finale individuelle et par équipe du 8ème Grand Slam national
Dimanche 5 juin 2011, à partir de 19H
Théâtre de Ménislmontant
3 rue du retrait
75 020 Paris
 
Scène slam du Culture Rapide
Toutes les semaines (semble-t-il)
Le lundi en anglais, le mardi en français
103, rue Julien Lacriox
75 020 Paris

Camille Jochaud du Plessix

Voir sa vie comme un roman avec l’Incroyable Destin d’Harold Crick

L'Incroyable Destin d'Harold Crick

L'incroyable destin d'Harold Crick

L’Incroyable Destin d’Harold Crick, (2007) de Marc Forster, avec Will Ferrell, Emma Thompson, Maggie Gyllenhaal, Dustin Hoffman et Queen Latifah. (2007)

J’ai eu l’occasion, ce week-end, de partager ce film que j’adore avec Manu, ce qui m’a donné envie de rédiger un billet sur le sujet.

L’Incroyable Destin d’Harold Crick, est précisément ce que l’on peut appeler une comédie dramatique. Harold Crick, fonctionnaire au service des impôts, mène une vie plate et sans intérêt, rythmée par des habitudes bien ancrées. Un matin, une voix dans sa tête se fait entendre : une narratrice fait le récit de ses faits et gestes. Devenant ainsi le personnage principal de sa propre histoire, il portera un regard différents sur sa vie.

Ce film est incroyable. Loin de raconter mollement comment un quelconque personnage de roman lutte contre son destin, il montre dans un premier temps comment Harold Crick vit le fait de perdre le contrôle de sa vie. Will Ferrel, qui incarne à merveille ce personnage lisse, se fera aidé par un Dustin Hoffman devenu professeur de Lettres (et surveillant de la piscine universitaire). Ce personnage, spécialiste de “loin de se douter”, est sérieux dans son délire littéraire, créatif dans ses recommandations, savoureux et drôle !

Question saveurs, on est servi, on en salive. Dans l’histoire, intervient Maggie Gyllenhaal, pâtissière fraîche et pétillante, dont les créations sucrées assaisonnent le film à merveille. Mais la palme, ou plutôt la plume, dans ce film, revient à mon sens à Emma Thompson. L’auteur, c’est elle. Angoissée, fébrile, effrayée à l’idée de ne pas trouver de “fin” à son personnage. Elle a tout de l’écrivain déstabilisée et le ton, la voix idéale pour relater l’histoire d’Harold Crick. Aidée par Queen Latifah, elle aura recours à tous les moyens pour envisager un point final idéal.

Le texte est d’ailleurs excellent, subtil, drôle, dur parfois. J’aimerais avoir l’occasion de le lire. Ce récit dans le récit est porté par la réalisation de Marc Forster qui souligne les détails de ce qui se passe dans l’esprit d’Harold. Humour et drames personnels se croisent dans ce film qui propose une approche originale de la littérature dans cinéma. A voir !

Camille Jochaud du Plessix

Retour sur l’expérience de Live Twriting de Christophe Paviot : ma lecture de cette nouvelle publiée en direct sur Twitter

En Transit, de Christophe Paviot, nouvelle publiée en direct sur Twitter

En Transit, de Christophe Paviot, nouvelle publiée en direct sur Twitter

Du 28 mar au 4 avril 2011, une initiative littéraire est lancée par Christophe Paviot sur Twitter. Ce créatif de chez Publicis, auteur de 7 nouvelles publiées chez divers éditeurs (du Serpent à Plumes à Bordas, en passant par Dialogues… en un mot, Hachette), s’est en effet adonné au Live Twriting.

Le Live Twriting? La rédaction d’une nouvelle en direct sur Twitter. Pendant une bonne semaine, les utilisateurs du réseau social ont pu découvrir Transit, un récit à suspens qui mène de Cancun à Paris en passant par Détroit.

Ma lecture du point de vue com. Tout d’abord, il y a l’originalité de la démarche. Du jamais le ou presque (difficile de trouver des info). Par contre un gros bémol sur ce qui entoure l’opération, c’est-à-dire pas grand chose. Les information délivrées par les éditions Points sont très limitées, pas même moyen de trouver une éventuelle date de publication papier de l’ouvrage ou du déroulent (en terme de temps ou de moments de publication)… Au terme de l’opération, il aurait pu y avoir des possibilités d’échange avec l’auteur. Twitter semble être un modèle idéal pour ça… Bref, l’idée est bien trouvée mais… il manque un prolongement de la démarche.

Ma lecture, du point de vue littéraire. J’aime le rythme de l’oeuvre. C’est efficace sans être lapidaire. Il serait intéressant d’avoir le point de vue de l’auteur pour savoir comment il a géré des contraintes telles que le nombre limité de caractères, l’impossibilité de revenir en arrière, le simple fait que ses lecteurs le découvre tweet par tweet… Dire qu’il s’agit d’une écriture “très actuelle” ne veut pas dire grand chose (en général), mais on est bien là dans quelque une rédaction informative est peu délayée (en même temps c’est une nouvelle, un format court). La projection des personnages est malgré tout assez aisée puisque les éléments délivrés donnent de bons repères.

Ma conclusion webolittéraire. La forme cultive le suspens. Si l’initiative peu faire froncer les sourcils (comment suivre l’intrigue correctement alors qu’elle est plus ou moins noyée dans les autres flux ?) mais finalement ça marche plutôt bien. La plume de Christophe Paviot s’adapte au format de manière assez fluide. Après une lecture entre les tweets, je l’ai relue dans sa continuité. Cette double lecture s’est avérée très intéressante et la qualité de la nouvelle fit que je serai partante pour feuilleter la version papier (s’il en sort une). c’est aussi une belle opération dans le sens où c’est une occasion de découvrir un auteur que je n’avais pas lu avant et ça donne envie de découvrir les romans publiés jusqu’à maintenant.

Bravo, Monsieur Paviot !

Retrouvez les articles ComCam&Co sur la nouvelle de Christophe Paviot publiée en direct sur Twitter sans la catégorie Pas à Pages !

Camille jochaud du Plessix

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