Amandine Urruty ou la Noé d’une arche burlesque
26 mars 2011 Laisser un commentaire
Ni animaux, ni êtres humains, c’est une sorte d’arche de Noé acide et absurde qu’Amandine Urruty présente à la galerie de la Place Forte jusqu’au 2 avril.
Premier regard : une explosion de couleurs, des formes très rondes, on croirait presque que ces dessin sont des illustrations de livres pour enfant. Sur la forme, les œuvres d’Amandine Urruty ont quelque chose de naïf. Puis, il y a la seconde phase. Elle arrive très vite, juste le temps pour le regard de s’approprier le fond pour découvrir ce bestiaire subversif, décapant. Dans le monde de l’artiste, il y a des renards, des phoques et des marmottes… Enfin presque. Avec ou sans bouche, coiffés parfois d’autres créatures, ou en faisant sortir d’endroits plus ou moins incongrus, les personnages sont loufoques, peut-être un peu effrayants, incontestablement délirants.
Et puis ce qui saute aux yeux, ensuite, c’est la technique. Ce qui frappe au niveau des dessins en couleur, c’est le blanc : parfait absent des œuvres, l’artiste ne laisse pas un centimètre carré au hasard. Ses dessins au crayon, crayons de couleur et stylo sur papier sont fait d’innombrables traits, parfois répétés, superposés, apportant finesse et transparence à chaque réalisation. On imagine Amandine Urruty rapide, énergique et précise. Cela se confirme lorsqu’on la voit réaliser un dessin, en dédicace de son livre. L’objectif de ce Solo Chiot Tour est non seulement de présenter ce travail dans le cadre d’une première exposition personnelle à Paris, mais aussi de présenter son livre, Robinet d’Amour, publié aux Requins Marteaux, un recueil de son incroyable coup de stylo de 2008 à 2010.
L’expo est étonnante et réserve d’étranges surprises c’est l’occasion d’une virée dans un imaginaire débridé. L’enfant dans un costume trop grand, qui sommeille en chacun, s’interroge : suis-je dans un rêve perturbé, aussi coloré soit-il, ou dans un joyeux cauchemars ?
Le Solo Chiot Tour, d’Amandine Urruty, jusqu’au 2 avril, à la Place Forte, 8 passage des gravilliers, à Paris.
Aussi à Bordeaux, Toulouse et Berlin.
Plus d’info sur le site d’Amandine Urruty
Camille Jochaud du Plessix

