De l’objectif à l’acrylique… Alex Perret et le Collectif 2AC Anartchik se donnent rendez-vous sur toile à Frichez-Nous la Paix !

Imprévu, quand tu nous tiens…

Hier après-midi, je rentre chez moi, en partie à pieds, parcours non-programmé qui invite à un détour du côté de Frichez-nous la Paix ! Depuis jeudi, et jusqu’au lundi 13 mars 2012, (… on se dépêche !), la galerie de la rue Dénoyez accueille “Photographée”. Alex Perret et le Collectif 2AC Anartchik se rencontrent sur toile, pour une expo qui mêle diverses techniques, angles de vues et destinations…

De ses voyages en Bolivie, en Tunisie, au fil de prommnades parisiennes, Alex Perret fait des images. Scènes de vie, de rue, du quotidien, de la réalité saisies ici et ailleurs… ses inspirations deviennent celles du Collectif 2AC Anartchik , qui présente avec le photographe un deuxième volet du projet “Photographée”. Alex Perret plante le décor sur toile. Les univers explorés au travers de l’objectif sont alors interprétés par Dja’Louz, Pesca, Toux, Rashe et Hakic. Une nouvelle occasion pour eux de laisser la trace de leur passage dans de nouveaux environnements urbains. Ils réinventent la scène et y font intervenir le graff comme un nouveau personnage, un autre intervenant, incontestablement différent. Jeux sur les contrastes, prologation du matériau de base, la frontière entre la photo et la peinture devient ténue… Etonnant !

Au détour de l’un des murs de l’espace d’exposition, découvrez également une fresque réalisée par le collectif !

Frichez-nous la Paix
Alex Perret et le Collectif 2ac Anartchik
Jusqu’au 13 mars 2012
22 bis rue Dénoyez
75 020 Paris

Goudemalion : la rétrospective des Arts Décoratifs sounds Goude !

Goudemalion, jusqu'au 28 mars 2012 aux Arts Décoratifs

Goudemalion, jusqu'au 28 mars 2012 aux Arts Décoratifs

Au mois de décembre, un collage A Nous Paris me donnait l’occasion d’évoquer Goudemalion, la rétrospective sur Jean-Paul Goude qui a lieu aux Arts Décoratifs jusqu’au 28 mars 2012. Si être ric-rac pour voir les expo est malheureusement devenu une habitude en ce moment, c’est avec un peu de marge encore que je suis allée me délecter de cette expo délirante, où la démesure est l’étalon de référence…

Photographe, publicitaire, metteur en scène… C’est dans ses multiples facettes qu’il est ici donné de redécouvrir l’œuvre de Jean-Paul Goude. 40 ans d’une carrière incroyable, dont la star est incontestablement le corps féminin, exploré dans ses courbes aguicheuses, sa souplesse et sa superbe. Goudemalion, le titre de l’expo ne pouvait être plus explicite… Grace Jones, Farida Khelfa et d’autres encore sont là pour rappeler que la femme, son corps, renferment une infinité de possibilités créatives. Femme objet, parfois automate mangeuse de Citroën CX (pas de commentaire sur le design automobile de l’époque… ça, c’était l’innovation !), il n’y a là aucune misogynie mal placée, seulement une imagination bouillonnante, sans limite, une passion pour la sensualité, qui a su se donner les moyens de ses idées. Souvent, c’est cette impression que laisse la visite des différents espaces d’expo : Jean-Paul Goude est un visionnaire.

Visionnaire parce qu’il a influencé nombre de talents, publicitaires ou pas… Plus largement, il a influencé des générations dans la perception qu’elles ont eu d’elles-mêmes. Faiseur d’images, compositeur pictural, il laisse une empreinte audacieuse, riche d’une libération des mœurs relativement récente et illustrée dans la provocation mais jamais dans la vulgarité.

Visionnaire parce qu’il semble guidé par ses visions… Ah comme j’aimerais pouvoir, 5 minutes (ou plus) dans ma vie, chausser des lunettes qui face voir la vie en Goude… Elles seraient jaunes, à rayures, avec des verres à l’effet miroir, pour réfléchir un monde haut en couleurs (néons), en sonorité (métalliques), en envolées lyriques (“prends garde à mon courroux, égoïste !”). Ce qui se passe sous les yeux du visiteur curieux et/ou passionné a quelque choses d’à la fois immédiat et de très précisément construit.

Photos, extraits de carnets, automates, mannequins, objets, installations, vidéos…. Ce sont 40 ans de réflexions, de réalisations surprenante, d’idées mises en perspective, de concepts esthétiques que les Arts Décoratifs exposent. Une occasion unique de suivre le parcours  rugissant de ce Pygmalion des temps modernes, un Jean-Paul Goude sur qui l’on compte encore et toujours pour nous étonner…

Un petit détour côté collage avec cet exercice A Nous Paris… Good, je ne sais pas mais “So Goude”, assurément !

A Nous Paris 7_Décembre 2011

A Nous Paris 7_Décembre 2011

Goudemalion
Jusqu’au 28 mars 2012
Musée des Arts Décoratifs
Du mardi au dimanche, de 11h à 18h
(nocturne le jeudi jusqu’à 21h)
107 rue de Rivoli
75 001 Paris
M° Palais Royal – Musée du Louvre (1 et 7)

Le paradoxe comme bonne étoile de Corinne Dauger pour l’expo “Eclats de Chantier”…

Corinne Dauger et Christofle présentent « Eclats de Chantier »

Corinne Dauger et Christofle présentent « Eclats de Chantier »

Jeudi soir, avait lieu le vernissage de la nouvelle exposition personnelle de Corinne Dauger, “Eclats de Chantier”. Un titre inattendu dans un endroit où l’idée de chantier semble assez surprenante : aux Salons Christofle. Une expo placée sous le signe du paradoxe… un paradoxe qui semble être une bonne étoile pour l’artiste ! A découvrir jusqu’au 10 novembre 2011.

Le premier espace place le visiteur dans le contexte. Plots, casques, gravas, pas de doute, l’installation confirme que Corinne Dauger traite du chantier au sens littéral du terme. Un montage vidéo offre un parcours de chantier se déroulant à travers le monde, évocateur du voyage de l’artiste.

La mise en contexte passée, l’expo peut alors commencer. Tout d’abord, Corinne Dauger présente une série de photos. Ayant parcouru le monde d’un chantier à l’autre, elle en a saisi les détails. Rapports de taille mis en exergue, ouvertures curieuses, perspectives interminables, c’est particulièrement lorsque les matériaux créent des effets de motifs que l’artiste décline le chantier au féminin… ou encore lorsqu’une mèche s’échappe, ici ou là.

Deux dimensions pour ces visites de chantiers, d’un triptyque à l’autre. Mes préférés, les petits formats. Les photos proposées sur les deux faces obligent à tourner autour des installations. L’épaisseur du plexis suggère la photo suivante pour former un parcours guidé. Le rapport de taille renversé n’est pas sans faire penser à l’idée de maquette, de reconstitution.

Arriver dans l’espace suivant, donne tout son sens à la collaboration de Corinne Dauger avec Christofle. L’artiste a fait des plaques de la célèbre argenterie son support. Ses photos sérigraphiées sur ces bases à l’éclat particulier sont ensuite travaillée à l’huile par l’artiste. Le résultat, tant par le fond que par la forme, témoigne de l’intérêt de Corinne Dauger pour la matière.

Ses travaux sur plaques d’aluminium présentés lors de “Féminin singulier” à l’espace Lhomond m’ont laissé une impression de transparence. Cette fois, la brillance mate de l’argent donne un éclat différent aux œuvres. Détails de chantiers, toits parisiens, gares, les structures sont omniprésentes. Il y apparait parfois l’un des énigmatiques personnages féminins de Corinne Dauger, toute de sensualité vêtu.

Si les chantiers sont des univers masculins à l’extrême, Corinne Dauger a su se les approprier pour leur donner sa dimension féminine… à découvrir, chez Christofle, jusqu’au 10 novembre 2011.

Eclats de chantier, par Corinne Dauger
Jusqu’au 10 novembre 2011
Les salons Christofle
9, rue Royale
75 008 Paris

Camille Jochaud du Plessix

Le “Golden smile” de Marko 93 s’expose à Confluences

Golden Smile, par Marko 93 à Confluences

Golden Smile, par Marko 93 à Confluences

Tel qu’annoncé en début de semaine dans le billet sur le mur du square Karcher, hier soir avait lieu le vernissage de Golden Smile, l’expo de Marko 93 à Confluences, partenaire de l’association Artazoï ! En ce jour de retour à une grisaille qui pourrait bien s’installer, rien de tel que ce lumineux sourire du french lighter, fait de photos et de toiles…

Le light painting, vous connaissez ? Peut-être en avez-vous vu des exemples sans forcément connaître le nom de la technique… Grace à des temps de pause relativement longs, des jeux de lumière créent des “éclairs” lumineux sur des photos aux environnement relativement sombres. Marko 93 excelle dans la discipline. Il donne ainsi une continuité au mouvement, en révélant toute l’énergie et maîtrise la technique au point de parvenir à écrire dans ses créations. N’oublions pas que l’artiste, issu du monde du graff, est particulièrement attaché au lettrage et à la calligraphie… Comme un carnet de voyage, la série de photos de Marko93 témoigne de son parcours à travers le monde, de Saint-Denis à Astana (Kazakhstan), d’Angor à Pékin, de Rio à Deauville, chaque lieu, dans ses particularités, semble apporter une nouvelle inspiration à l’artiste.

Si en découvrant ces oeuvres, vous êtes tentée de chercher du “Photoshop” ici ou là, sachez que vous n’en trouverez pas… Les effets lumineux créés par Marko 93 ne sont que de la pure création, le fruit d’un travail de recherche sur les types de lumières utilisées, une incontestable observation du mouvement et une incroyable maîtrise du geste. Probablement vaut-il mieux s’intéresser aux signes cachés, à ces mouvements d’écriture dans lesquels on retrouvera ici un 9 ou un 3, là une signature…

Une signature, de la calligraphie et du lettrage… Le second pendant de cette expo est présenté sur toile, dans trois approches différentes.

Lorsque l’on passe du light painting aux travaux de peinture (disons) “plus traditionnels”, le cheminement commence avec deux oeuvres plutôt abstraites. On retrouve la recette “secrète” de Marko 93 : des lettrages et du mouvement, mais également des effets de matières et une grande richesse de couleurs… Pour certains, ces effets de lettres apparaîtront probablement très clairement. Pour d’autre (catégorie dans laquelle je me classe), on devine qu’il y en a beaucoup à regarder, on saisit quelques éléments, avant de revenir au plaisir de voir pour voir ces explosions de signes.

Les toiles suivantes reprennent un élément familier dans le travail de Marko 93, le crocodile Lacoste, revu et corrigé par l’artiste… qui l’a notamment et avec beaucoup d’ironie, découpé en rondelles. L’intérieur des compositions est fait de jeux de lettres dorés et orientalisants. Le mélange est a du punch et de l’humour… ce qui fonctionne bien !

Enfin, Marko 93, dans une résonance avec l’une de ses photos du temple d’Angor, au Cambodge, les deux toiles qui achèvent l’exposition sont deux asparas… Vous savez, ces divinités, nymphe asiatique qui semblent élancées dans des danses envoûtantes. Le lettrage épouse les mouvement de la danseuse, le style orientale rencontre l’Asie avec grace, le résultat est fascinant. La seconde, réalisée au Brésil, est un brassage culturel à elle seule : peinte en partie au Brésil, la cambodgienne est au repos, accompagnée par… un taureau espagnol !

Au moment de sortir… un dernier regard pour la fresque que vous n’aurez pas manqué d’observer à votre arrivée, réalisée par l’artiste en début de semaine !

Une expo riche, originale et passionnante, à découvrir à Confluences, jusqu’au 30 octobre !…

“Golden Smile”, par Marko 93
Cofluences
Du 6 au 30 octobre 2011
190, boulevard de Charonne
75 020 Paris
M°Alexandre Dumas (2)

Camille Jochaud du Plessix

Parcours croisé du désert algérien aux univers urbains avec Olivier Billon et Sébastien Castillo à la Galerie Art’et Miss

Expo photo de Sébastien Castillo et Olivier Billon à la Galerie Art'et Miss

Expo photo de Sébastien Castillo et Olivier Billon à la Galerie Art

Du 1er au 10 juin 2011, la Galerie Art’et Miss accueille une exposition croisée des photographes Sébastien Castiello et Olivier Billon.

Si leurs travaux sont très différent, il incontestablement très complémentaires.

Sébastien Castillo, par superposition de clichés en transparence inscrit ses photos aux thèmes urbain dans une dimension de multiple, une vibration.

Ses photos du Sahara algérien, Olivier Billon, les a prises  en noir et blanc puis en a travaillé les couleurs, leur faisant raconté des histoires du passé.

Pour en savoir plus sur l’expo, rendez-vous sur le blog de la Galerie Art’et Miss !

Sébastien Castillo et Olivier Billon
Du 1er au 10 juin 2011
Galerie Art’et Miss
14, rue Saint Anastase
75 003 Paris
M° Saint Paul (1)
ou Chemin Vert (8)

Camille Jochaud du Plessix

De la place de la Com à la “Platz des Roms”, Gabriela Lupu se fait observatrice d’une culture à part entière

Platz des Roms, par Adriana Lupu, à l'Institut Culturel Roumain

Platz des Roms, par Adriana Lupu, à l'Institut Culturel Roumain

Gabriella Lupu présente, du 31 mai au 31 août 2011 Platz des Roms, à l’Institut Culturel Roumain. Au travers d’une série de photos hautes en couleurs, dans une approche plutôt objective, elle invite à la réflexion, à porter un autre regard sur la “question des Roms”.

C’est dans la région de Montpellier qu’Adriana Lupu est allée à leur rencontre. Refusant la polémique ou le débat politique, la démarche de Gabriella Lupu s’inscrit plutôt dans le constat. La précarité du mode de vie des Roms, elle l’observe, sans verser dans la représentation de la misère, vision incontestablement réductrice du sujet. Dans ses photos, contrastes et jeux de lumière aborde le quotidien, des habitudes aux visages colorées.

Ce visage, il est encore endormi lorsqu’il se prépare à partir à l’école, aidé par une voisine. Ce visage est fier : les hommes coupent les cheveux de leurs fils, cultivant l’importance de l’apparence. Ce visage est réjouit, une femme danse entourée de petites-filles. Ce visage a un regard pénétrant, celui d’une femme âgée qui se repose sous l’image aguicheuse du mannequin d’une pub en tenue légère. Ces visages sont solennels, devant leurs habitations de fortune.

On sent, au travers de ces images, une solidarité très forte, une idée de la communauté bien ancrée, qui se précise au fil de quels que mots apportant quelques explications sur ces sourirs et ces regards sérieux. Il y a quelque chose de très authentique, un attachement profond à la tradition et aux valeurs, codifiées à leur manière.

On imagine la musique, celle qui a traversé les générations, teintée des influences du voyage. On entend les cris des voisins et les conseils des anciens. On est invité à la réflexion, à adopter un autre “angle de vue”.

Une question que cette exposition soulève est (ou pose un peu plus), pour moi, est celle de la distance. Ces photos, Gabriella Lupu les a prises à Montpellier mais elle pourraient tout aussi bien être le reflet de bien d’autres réalités à travers le monde. Quel rapport a-t-on aux favelas d’Amérique du Sud ou aux bidon-villes d’Asie ou d’Afrique (sans être sûre qu’il soit nécessaire d’aller si loin) ? Porte-t-on le même regard sur ce qui se passe près de chez soi et sur ce qui s’en éloigne ? Les choses sont-elles vues différemment par celui qui croise les Roms dans les transport, les rues, le quotidien et par celui qui a d’eux uniquement l’image les media en renvoient?

Cette exposition a vocation à “faire se poser des questions”, bien plus qu’à apporter des réponses. Sans dramatisation, Gabriella Lupu illustre des histoires de tous les jours qui donne des couleurs aux idées reçues.

Platz des Roms, par Gabriela Lupu
Institut Culturel Roumain
Du 31er juin au 31 août 2011
1, Rue de l’exposition
75 007 Paris

Camille Jochaud du Plessix

Les photos “non évoquées” pour le concours de critique d’Iles et Archipels de la Galerie Michèle Chomette…

Une invitation au voyage et à participer au concous de critique d'Iles et Archipels à la Galerie Michèle Chomette

Une invitation au voyage et à participer au concours de critiques de la galerie Michèle Chomette

La Galerie Michèle Chomette présente, du 18 mai au 13 juillet 2011, l’exposition Iles et Archipels – Photographies 1850-2010. Les îles sont les photos, les archiples sont les différents espaces de cette exposition. Elle fait l’objet d’un concours de critiques a été ouvert lors des Nomades. 1 500 à 3 000 caractères, sur l’expo dans son ensemble ou une photo au choix, à remettre au plus tard ce 28 mai 2011, à 20h.

Pas du tout en avance mais tenant absoluement à participer, je suis passée, hier soir, à la galerie. Au deuxième étage d’un immeuble à deux pas de Beaubourg, j’arrive dans cette galerie-appartement et commence à naviguer d’un archipel à l’autre, prenant le temps de bien observer chaque cliché, de passer d’une vision ou d’une époque de la photographie à l’autre.

Avant même d’arriver, je sais que c’est d’une photo en particulier que je ferai la critique. Mes maigres connaissances en histoire de la photo et la vaste étendue de l’expo rendent une critique d’ensemble trop risqué. A chaque fois, je m’interroge : celle-ci ? celle-là peut-être ? Un premier parcours d’île en île me permet de faire une première sélection. En bref, les 5 photos en lisse à cette étape de mon voyage, dans l’ordre où je les ai découverts, sont :

- Arctic sea, de Werner Hannapell, 2000. Si ce n’est pas la photo à laquelle je ne suis pas la plus émotionnellement sensible, elle m’évoque instantanément le début de l’histoire de la photographie, à l’époque où les mises aux point étaient si longues et compliquées à faire que les icebergs constituaient de parfaits sujets. Ça me semblait être un axe de réflexion intéressant.

- Clochards couchés sur un quai, Paris, d’André Kertesz, 1927. C’est un tout petit format, sur lequel deux clochards semblent dormir et qui donne envie de leur souhaiter, dans leur sommeil, une évasion dans un univers plus serein.

- L’homme au loup, de Pierre Jahan, 1940. Il submerge. C’est le portrait d’un homme austère, peut-être triste, dont le regard en coins, caché derrière un loup est particulièrement troublant. La photo est splendide, étrange. Elle le devient plus encore quand j’apprends qu’elle a été sauvée d’un incendie en novembre 1948.

- Chambre d’écoute, Dignes-les-Bains, François Mechin, 2003-2004. Ce cliché est tout simplement incroyable, j’ai du mal à trouver les mots pour le décrire. C’est une sorte de grotte, éclairée par un puits de lumière, au milieu de laquelle se trouve un arbre déshabillé de son feuillage, celui-ci s’étant répandu dans la pièce “du sol au plafond”. Stupéfiant.

- Ouvriers sur échafaudage, de Willy Zielke, 1935. Fernand Léger est l’un de mes peintres préférés. Cette photo me fait l’effet d’un flash. Le squelette de fer des Constructeurs peint par Léger en 1950 est ici remplacé par un squelette de bois. Les positions des ouvriers, les casquettes, les poutres, tout y est.

- Façade, de Werner Mantz (prise de vue 1928, tirage 1977). C’est l’oeuvre que j’ai choisie… J’attends les résultats du concours pour livrer ma critique se ComCam&Co quelque soit le résultat… Je suis contente d’avoir participé à l’expérience, qui suppose un ton différent de celui que j’adopte sur ce blog…

En attendant, je ne peux que vous inciter à aller voir cette expo, à aller naviguer entre les périodes et les genres et à faire quelques escales au gré de votre sensibilité !

Galerie Michèle Chomette
24, rue de Beaubourg
75 003 Paris
M° Rambuteau (11)

“This is not that” : réflexion sur la photographie indienne contemporaine à la Galerie Duboys

This is not that, à la galerie Duboys

This is not that, à la galerie Duboys

Manu d’la fac retrouvé, nous poursuivons le parcours Nomade des galeries à la galerie Duboys qui présente “This is not that”, une exposition regroupant 10 photographes indiens, donnant, chacun à leur manière, leur point de vue sur leur pays.

La diversité est presque un mot d’ordre de cette exposition. La diversité, c’est celle des multipes visages du sous-continent indien. La diversité, c’est aussi celle des approches photographiques de l’Inde moderne. On découvre lors de cette expo plusieurs réalités, celles de Binu Bhaskar, Dhruv Bashkar, Fabien Charunau, Niel Chowdhury, Pradeep Dalal, Soham Gupta, Swapan Parekh, Zubin, Pastakia, Brijesh Patel et Mahesh Shantaram.

Le quotidien, le rural et l’urbain, les gens… l’Inde se dévoile, elle retire son sari et se révèle par les regards contrastés et complémentaires des artistes. Si l’on montre l’effervescence d’un peu plus d’un milliard de personnes, on ne donne pas seulement à voir. Les photos exposées n’agissent pas que sur la vue, ce sont aussi des odeurs d’épices, des mouvements de foule, la ville qui résonne, une sorte d’invitation dans un ballais moderne, une danse qui n’en fini pas, jour comme nuit. on trouvera pet-être un peu plus de quiétude dans un cinéma ou sur une route de campagne.

Une petite mention spéciale pour les oeuvres de Niel Chowdhury, dont les extraordinaires photo-montages sont une synthèse efficace et haute en couleurs de l’Inde d’aujourd’hui, entre héritages et dynamisme économique.

This is not that
Du 20 mai au 19 juin 2011
Galerie Duboys
6 rue des Coutures Saint Gervais
75 003 Paris

Camille Jochaud du Plessix

Macadamisme #1, premier opus du projet culturel à la Crémerie de Paris

Première édition de Macadamisme à la Crémerie de Paris

Première édition de Macadamisme à la Crémerie de Paris

La citation de John Steinbeck, extraite de La Perle, qui introduit cette exposition, en explique mieux le concept que je ne saurais le faire : “Une ville ressemble à un animal. Elle possède un système nerveux, une tête, des épaules et des pieds. Chaque ville diffère de toutes les autres : il n’y en a pas deux semblables. Une ville a des émotions d’ensemble”.

Peter McLane, Fazer et Thibault de Puyfontaine proposent de découvrir chacun leur ville, lors de “Macadamisme”. Ce nouveau projet culturel décline l’urbain, la ville, ses facettes, la manière dont elle change, au travers de techniques et d’artistes d’horizon divers. Pour sa première édition, l’expo se déroule sur trois jours.

J’en reviens à Steinbeck, pour atteindre la ville. Voilà mon émotion d’ensemble, le corps que j’ai vu se dessiner sous mes yeux.

La tête. Peter McLane et le digital painting. Dans une sorte de collage, auquel le numérique permet de créer des jeux de nette transparence, les éléments s’assemblent et se décomposent, donnent une impression de vitesse. Dans le système nerveux, un portrait de Basquiat ou de Warhol, un “love land” surréaliste, l’effervescence d’une nuit new-yorkaise. Au travers de l’image retravaillée, on trouve clairement la trace du pinceau. Un mariage intéressant.

Les épaules. Fazer et le graff. C’est à la fois la structure et la souplesse. L’urbain est abstrait. Dans certains tableaux, apparaissent les contours de la ville dans sa verticalité. Dans d’autres, le graff est un moyen d’en souligner l’énergie. A l’image de ces photos où phares et foules forment des lignes floues, je retrouve dans ces toiles ce mouvement, ces flots décidés qui se croisent et s’entrecroisent à l’infini.

Les pieds. Thibault de Puyfontaine et la photographie. Mon coup de cœur de la soirée. Les pieds et une main tendue pour voyager jusqu’au Caire ou à Alexandrie. Thibault de Puyfontaine fait des débuts de soirée des points du jour. Une chaise, une porte ouverte, les marches d’un escalier laissent deviner l’activité diurne. La nuit tombe doucement, les couleurs changent, les conversations de la journée se font murmures, les odeurs s’atténuent. Le photographe capte la lumière et anime les sens.

Macadamisme
Jusqu’au 17 avril (faut pas trainer !)
La Crèmerie de Paris
11, rue des déchargeurs
75 001 Paris
M°Châtelet les Halles (1, 4, 7, 11 ou 14)

Camille Jochaud du Plessix

La Base est une explosion créative en Second Sight à la galerie Arty Show

Vernissage du collectif La Base, expo Second Sight

Vernissage du collectif La Base, expo Second Sight

Saint-Ouen, Garibaldi, ligne 13. La galerie Arty Show est relativement éloignée du métro. Qu’allons -nous trouver au détour de ces petites rues au passé industriel ? Un attroupement, ça doit être là… Le morceau de pelouse artificielle sur lequel s’étalent quelques personnes et l’avion qui couronne l’entrée le confirment.

Ce soir, le collectif La Base s’est donné donné rendez-vous pour l’expo Second Sight à la galerie Arty Show… Mon accompagnatrice de la soirée et moi arrivons difficilement à nous frayer un chemin à l’intérieur de la petite cour, tant il y a de monde. On boit et fume, on parle et s’interpelle, on se faufile. Le bâtiment principal, est recouvert d’une bâche où s’étalent des dessins contrastés et colorés. Une sorte de clé de Sol qui annonce une symphonie créative.

Nous entrons. Photos, dessins, toiles, sculpture, vêtements, couleurs, noir et blanc… diversité des techniques, matières, traits. C’est subversif, piquant, drôle, troublant, émouvant, frappant… Des listes, il faudrait en décliner beaucoup pour décrire ce qui s’offre à nous.

L'émerveillement du vernissage de la Base, expo Second Sight

L'émerveillement du vernissage de la Base, expo Second Sight

Une vingtaine d’artistes sont représentés, trop nombreux pour entrer dans le détail. La Base est multiple. Ce sont des expressions revues et corrigées par le dessin, la jeunesse au Kurdistan, des photos recomposées, défroissées, des triptyques, du portait, de aquarelle, de la peinture, du fusain, du feutre, des effets de matière… Une mention particulière pour ce portrait réalisé avec des fils tendus sur un chasis… mon éblouissement de la soirée, celui d’Alix, aussi, semble-t-il.

Gaspard Thiekaro, Pauline Guerrier, Thibault de Fournas, Thimothée Elkaim, Raphael Tiberghien, Eliezer, Brune, Marine Prud’hon, Lise Stoufflet, Pierre Rioufol, Arnaud Galliza, Ugo Shildge, Eulalie Juster, Basile Mookerjee, Nastassia Brame, Iris de Turkheim, Io Bugard, Bruno Albizzati… Et si ce n’est pour quelques uns, je ne sais qui a fait quoi… mais c’était incroyable. Cette grande expo invite à se laisser surprendre, ça déborde de créativité. D’un espace à l’autre, on en redemande !

La galerie Arty Show elle-même est magique. Répartie sur trois bâtiments autour d’une petite cour, chaque environnement dégage quelque chose de cosy et chaleureux. L’escalier extérieur mène à un grand grenier éclairé par une verrière… L’expo semble conçue sur-mesure pour habiller ces murs. Ce n’est pas seulement une Second Sight que propose la galerie, c’est une multitude de points de vue sur les choses, les mots, les gens, le monde. En bref, La Base.

Galerie Arty Show
11, rue Jean-Baptiste Clément
93 400 Saint-Ouen
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