Cuisine et Dépendaces, un dîner salé à la Comédie des 3 Bonnes !
24 juin 2011 Laisser un commentaire
Cuisine et Dépendances, d’Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, mise en scène par la Compagnie des Enfants de la Nuit, interprétée (ce jour-lá) par Amélie Robert (Charlotte), Tiphaine Daviot (Martine), Brieuc Skira (Georges), Julien Covin (Jacques) et Vincent Labie (Fred).
Lors d’un dîner entre amis, la tension monte au gré des retards des uns, de la mauvaise humeur et du naturel des autres. La soirée tourne au vinaigre… et aux règlements de comptes.
Le théâtre de la Comédie des 3 Bonnes est un petit espace fait d’une scène et d’une salle d’une cinquantaine de places. A quelques mètres seulement des comédiens, en tant que spectatrice, j’ai eu l’impression d’avoir pris place dans la cuisine de Jacques et Martine.
Cuisine et Dépendances, un peu à l’image du film de Philippe Muyl (dont j’ai un souvenir plus ou moins vague), est une galerie de portraits. Petit retour sur quelques stéréotypes hauts en couleurs, riches de leurs caractères.
Jacques est le mari de Martine. Affublé d’une cravate Le Roi Lion ridicule, c’est l’homme droit et raisonné, comparé aux autres. Homme de la maison, sa capacité à jouer la carte de l’autorité est limitée par ses bons sentiments, sa gentillesse.
Martine, épouse de Jacques, c’est aussi la soeur de Fred. Femme au foyer, sa vie est teintée de problèmes aussi existentiels qu’on puisse les imaginer. Un brin survoltée, ses mimiques sont expressives et drôles.
Georges, c’est le deuxième homme de la maison. Après 8 jours de squattage de canapé devenus en 2 mois, il vivote, tente d’écrire tout en exerçant à mi-temps un boulot dans une agence de voyage. Plus sur le mode “spleen de Paris” qu’ “invitation au voyage”, on a tendance à se demander comment cet ours mal léché peut faire rêver des clients aux envies d’évasion.
Fred, c’est le pote sympa mais qu’il vaut peut-être mieux ne pas avoir. Frère de Martine et “beauf” de Jacques, ce joueur de poker, plus looser que gagnant taxe régulièrement ses proches.
Charlotte, c’est la jolie jeune femme, épanouie professionnellement, elle tente de (se) convaincre de son épanouissement sentimental. Ex de Georges, qui ne veut (s’)avouer qu’il la regrette, elle s’en est allée avec un autre ami de la bande de potes originelle. Son époux devenu vedette de la télé est l’un des invités que l’on ne verra pas.
Les absents physiquement, justement… Une mise en scène et une interprétation efficaces permettent d’incarner ceux dont on ignore le visage. Ces personnages mystérieux, l’exubérant mari de Charlotte et la très libérée Marilyn, sont finalement omniprésents. Les comédiens sont excellents : crédible, les rôles semblent tailler sur mesure pour eux, au point que je m’interroge sur “l’autre” distribution…
En effet, la pièce est jouée en alternance. Quand il ne s’agit pas des comédien que j’ai vu, les interprètes sont : Nicolas Lorcy (Georges), Pierre André Ballande (Jacques), Romain Chateaugiron (Fred), Juliette Chavelot ou Elsa Morizot (Charlotte) et Amélie Robert (Charlotte).
Je ne pense pas avoir le temps de retourner voir la pièce et donc la seconde interprétation mais je ne saurai que vous inciter à vous inviter à ce dîner (très salé), plein d’humour et relevé d’une pointe de cynisme…
Vous y êtes allé ? N’hésitez pas à laisser un commentaire pour dire ce que vous en avez pensé !
Cuisine et Dépendances Comédie des 3 Bonnes 32, rue des 3 Bonnes 75 011 Paris M° Parmentier (3) ou Goncourt (11)Camille Jochaud du Plessix





Comment l’Esprit Vient aux Femmes ou les dangers du savoir au Café de la gare
19 mai 2011 Laisser un commentaire
Comment l'esprit vient aux femmes, au café de la gare
Comment l’Esprit Vient aux Femmes, adapté et mis en scène par Manon Romy, librement adapté de l’oeuvre de Garson Kanin, avec Benoît Tachoires, Marie-Charlotte Leclaire, Kên Higelin et Richard Leduc.
1946. Après avoir corrompu un sénateur de Washington, un homme d’affaire doit rendre sa femme présentable en société. Malgré les recommandations de son avocat, il engage un journaliste nouvellement rencontré. Peut-être aurait-il mieux fait d’écouter les conseils de l’homme de droit.
Le Café de la Gare est situé dans le marais, au fond d’une cours occupée par la terrasse du Studio, resto que je pense expérimenter cet été. Toute la cours est bordée de salles de danse et en attendant l’entrée dans le théâtre Manu et moi avons tout le loisir d’observer quelques entre-chats et instants “bollywood”. Concernant plus directement le théâtre, dès la porte, le ton est donné : “si c’est pas ouvert, c’est que c’est fermé, inutile de tirer plus fort”, “les réduc, on est pas obligé mais si le coeur nous en dit, on en fait “… Mes citations manquent de précision, mais c’est à peu près ça l’idée.
Le temps que les spectateurs prennent place, quelques notes de jazz plongent dans l’ambiance de l’époque. Le rideau s’ouvre sur une chambre d’hôtel assez luxueuse et dont le mobilier est évocateur. La maison blanche apparaît dans une fenêtre et un poste de radio et un téléphone complètent le décor.
Entrent alors en scène Harry (Kên Higelin), homme d’affaires sûr de lui et gueulard et capricieux, il est accompagnée de sa compagne, Billie Marie-Charlotte Leclaire), jolie petite idiote à lavoix nasillarde et Ed (Richard Leduc), son avocat, la vois de la sagesse dans les magouilles de son patron. L’homme d’affaire est vite interviewé par un jeune journaliste (Benoît Tachoires) qui deviendra le professeur de sa compagne. Dans le physique, tous les stéréotypes y sont : le bide et la moustache, la fourrure et la blondeur, le regard fatigué et la maigre mine désespérée, les lunettes et l’air intègre.
Parmi ces caricatures, c’est le personnage d’Ed, l’avocat, qui semble le plus vrai, le meilleur dans son jeu. Acteur de la pièce et presque autant spectateur de la chute annoncée, il tente de prévenir, de limiter les dégâts, de trouver des alternatives. L’auto-convication d’Harry l’emporte presque à chaque fois dans un aboiement féroce. Il interprète à merveille désespoir de voir quel niveau de bêtise que l’être humain est capable d’atteindre.
La pièce est drôle, on passe un bon moment, mais… Et bien c’est logiquement assez attendu, mais surtout un peu sur-joué tout ça. Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir vu de petits chefs-d’oeuvre ces derniers temps mais disons que ce je n’ai pas eu le coup de coeur que j’ai pu avoir avec d’autres pièces ces derniers temps. Un grand éclat de rire tout de même, au cours d’une partie de carte aux accent bebop au cours de laquelle Marie-Charlotte Leclaire révèle son talent.
Comment l’esprit vient aux femmes, jusqu’au… Au Café de la Gare 41, rue du Temple 74 004 ParisCamille Jochaud du Plessix
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