Cuisine et Dépendaces, un dîner salé à la Comédie des 3 Bonnes !

Cuisine et Dépendances à la Comédie des 3 Bonnes

Cuisine et Dépendances à la Comédie des 3 Bonnes

Cuisine et Dépendances, d’Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, mise en scène par la Compagnie des Enfants de la Nuit, interprétée (ce jour-lá) par Amélie Robert (Charlotte), Tiphaine Daviot (Martine), Brieuc Skira (Georges), Julien Covin (Jacques) et Vincent Labie (Fred).

Lors d’un dîner entre amis, la tension monte au gré des retards des uns, de la mauvaise humeur et du naturel des autres. La soirée tourne au vinaigre… et aux règlements de comptes.

Le théâtre de la Comédie des 3 Bonnes est un petit espace fait d’une scène et d’une salle d’une cinquantaine de places. A quelques mètres seulement des comédiens, en tant que spectatrice, j’ai eu l’impression d’avoir pris place dans la cuisine de Jacques et Martine.

Cuisine et Dépendances, un peu à l’image du film de Philippe Muyl (dont j’ai un souvenir plus ou moins vague), est une galerie de portraits. Petit retour sur quelques stéréotypes hauts en couleurs, riches de leurs caractères.

Jacques est le mari de Martine. Affublé d’une cravate Le Roi Lion ridicule, c’est l’homme droit et raisonné, comparé aux autres. Homme de la maison, sa capacité à jouer la carte de l’autorité est limitée par ses bons sentiments, sa gentillesse.

Martine, épouse de Jacques, c’est aussi la soeur de Fred. Femme au foyer, sa vie est teintée de problèmes aussi existentiels qu’on puisse les imaginer. Un brin survoltée, ses mimiques sont expressives et drôles.

Georges, c’est le deuxième homme de la maison. Après 8 jours de squattage de canapé devenus en 2 mois, il vivote, tente d’écrire tout en exerçant à mi-temps un boulot dans une agence de voyage. Plus sur le mode “spleen de Paris” qu’ “invitation au voyage”, on a tendance à se demander comment cet ours mal léché peut faire rêver des clients aux envies d’évasion.

Fred, c’est le pote sympa mais qu’il vaut peut-être mieux ne pas avoir. Frère de Martine et “beauf” de Jacques, ce joueur de poker, plus looser que gagnant taxe régulièrement ses proches.

Charlotte, c’est la jolie jeune femme, épanouie professionnellement, elle tente de (se) convaincre de son épanouissement sentimental. Ex de Georges, qui ne veut (s’)avouer qu’il la regrette, elle s’en est allée avec un autre ami de la bande de potes originelle. Son époux devenu vedette de la télé est l’un des invités que l’on ne verra pas.

Les absents physiquement, justement… Une mise en scène et une interprétation efficaces permettent d’incarner ceux dont on ignore le visage. Ces personnages mystérieux, l’exubérant mari de Charlotte et la très libérée Marilyn, sont finalement omniprésents. Les comédiens sont excellents : crédible, les rôles semblent tailler sur mesure pour eux, au point que je m’interroge sur “l’autre” distribution…

En effet, la pièce est jouée en alternance. Quand il ne s’agit pas des comédien que j’ai vu, les interprètes sont : Nicolas Lorcy (Georges), Pierre André Ballande (Jacques), Romain Chateaugiron (Fred), Juliette Chavelot ou Elsa Morizot (Charlotte) et Amélie Robert (Charlotte).

Je ne pense pas avoir le temps de retourner voir la pièce et donc la seconde interprétation mais je ne saurai que vous inciter à vous inviter à ce dîner (très salé), plein d’humour et relevé d’une pointe de cynisme…

Vous y êtes allé ? N’hésitez pas à laisser un commentaire pour dire ce que vous en avez pensé !

Cuisine et Dépendances
Comédie des 3 Bonnes
32, rue des 3 Bonnes
75 011 Paris
M° Parmentier (3)
ou Goncourt (11)

Camille Jochaud du Plessix

L’engagement politique en question, avec Les Justes de Camus au Théâtre du Nord-Ouest

Les Justes de Camus au théâtre du Nord Ouest

Les Justes de Camus au théâtre du Nord Ouest

Les Juste, d’Alber Camus, mise en scène par Odile Mallet et Geneviève Brunet, avec Guy Bourgeois, Marta Corton Vinals, Lionel Frenandez, Jean-Gérard Héranger, Julien Lifszyc, Odile Mallet et Laurent Parche.

Moscou. Début du XXème siècle. Dora, Boris, Alexis, Yanek et Stepan membres d’une cellule terroriste préparent un attentat contre le Grand-Duc. La première tentative échoue pour une raison qui, au fur et à mesure, remettra en question l’acte terroriste. Deux jour plus tard, la seconde tentative est réussie. La réflexion sur la révolution, l’amour, la bombe, se poursuit avec l’éclairage de l’expérience.

Après Simone de Beauvoir, je continue ma découverte du cycle “Sartre, Camus, De Gaulle et la politique” avec Les Justes de Camus. La salle Economidès, dans laquelle j’ai redécouvert la Cérémonie des Adieux quelques semaines plus tôt semble parfaite pour figurer le petit appartement du groupe terroriste. Ouverte sur trois côtés (je suis seule du côté où je m’installe, c’est troublant) mais délimitée par quelques poteaux, elle incarne paradoxalement l’enfermement des personnages.  Une table, une carte au mur, un guéridon, une machine à écrire, une malle en osier, quelques chaises… La lumière s’éteint et se rallume sur Boris et Dora.

C’est une très belle interprétation des Juste que j’ai eu l’occasion de voir. Si les acteurs étaient excellent, j’ai surtout été marquée par leurs voix.  Fortes et graves, elles subliment le texte riche, rythmé, intense de Camus. J’ai découvert cette pièce grâce à un excellent prof de français quand j’étais en 3ème. J’ai eu l’occasion de la relire depuis, y trouvant toujours une ferveur, une force de conviction fascinantes. Ce que j’ai vu correspondait à ce que j’imaginais.

Chez les personnages, je suis surprise par les physiques. En ayant lu la pièce et en les voyant simplement, on pourrait attribuer son rôle à chaque comédien. Leur jeu est dans le ton, le propos est maintenu dans la tension avec efficacité. La bombe, arme et symbole au service de l’idée, c’est un peu chacun d’eux. Si les membres de la cellule sont remarquables, Foka, Skoratov et la Grande-Duchesse le sont tout autant, chacun apportant à la pièce un effroi supplémentaire.

Et puis les Justes c’est l”idée. L’idée, c’est celle qui donne du sens à l’acte, celle qui justifie que l’on tue pour faire triompher l’amour. Dans les Justes, l’amour n’est pas celui à un cercle restreint, c’est celui pour lequel on se bat, destiné à tous. L’affrontement continu de Yanek et Stepan, la force de Dora, la sagesse de Boris, le revirement d’Alexis sont bouleversants, troublants. Voir la pièce m’a rappelé à quel point le texte était beau. Cette très belle mise en scène et les comédiens en font lui donne la porté qui lui est due.

Quel fait étrange d’avoir vu la veille le Repas des Fauves. Alors que mercredi, tous étaient prêts à céder aux pires vices pour sauver sa peau, hier, tous avaient la volonté de sacrifier leur vie au nom de celle des autres, du peuple, de la cause. Il est intéressant de mettre en regard ces deux pièces, qui, sous certains aspects, aux antipodes, sous d’autres, parlent de la même chose.

Suite du programme de “Sartre, Camus, De Gaulle et la politique”, au théâtre du Nord-Ouest, sur ComCam&Co :

  • Samedi : Le 20 Novembre, de Lars Norén (recommandation de Nova, il y a quelques temps)
  • Dans deux semaines : Huis-Clos, de Jean Paul Sartre,
  • A prévoir : Les Mains Sales, de Jean paul Sartre, Le Malentedu et Caligula, d’Albert Camus

… et peut-être d’autres pièce (le nouveau programme du théâtre sort dans pas longtemps)

Les Justes
Théâtre du Nord-Ouest
13, rue du faubourg Montmartre
75 009 Paris
M°Grands Boulevards (8 ou 9)

Camille Jochaud du Plessix

Les âmes se mettent à table dans l’incroyable Repas des Fauves

Le Repas des Fauves au Théâtre Michel

Le Repas des Fauves au Théâtre Michel

Le Repas des Fauves, d’après l’œuvre de Vahé Katcha, adapté et mis en scène par Julien Sibre, interprété par la Compagnie Minus & Cortex, avec Cyril Aubin, Olivier Bouana, Pascal Casanova, Stéphanie Hédin, Pierrejean Pagès, Jérémy Prévost, Julien Sibre et Caroline Victoria. Réalisation graphique de Cyril Drouin.

Pendant l’occupation, une couple invite, pour l’anniversaire de madame, cinq amis à célébrer l’événement. Tout se déroule pour le mieux jusqu’à ce que deux soldats allemands soient tués au pied de immeuble. Dans chaque appartement, deux otages doivent payer pour la vie des deux soldats tués. Le Commandant Kaubach, chargé de l’opération, , qui conanit le propriétaire des lieux, laisse aux 7 occupants le choix des otages.

La lumière est encore allumée lorsque dans un son de radio annonçant les messages personnels se fait entendre. Parmi les  messages, l’un dit avec humour quelque chose du genre “Chez Michel, le téléphone est éteint”. L’obscurité faite, le rideau s’ouvre sur le salon années 1940 d’un appartement cossu.

Victor (Olivier Bouana) et Sophie (Caroline Victoria), petit couple bien sous tous rapports, lui libraire, elle un brin idiote, attendent leurs invités. Le premier, le docteur, Jean-Paul (Cyril Aubin), arrive sans sa femme, souffrante. Entrent ensuite en scène, Vincent (Julien Sibre, également metteur en scène), le prof de philo et Pierre (Jérémy Prévost), aveugle, blessé guerre. Ils seront rapidement rejoint par Françoise (Stéphanie Hédin), veuve de guerre. Un invité imprévu se joint enfin au groupe d’amis, André (Pascal Casanova), qui tire profit de la guerre en vendant de l’acier aux Allemands, personnage haut en couleur, révélant dès le début la bassesse de sa moralité.

Pour les autres, les choses prennent un peu plus de temps. La galerie de portrait se ternit au fur et à mesure. Face au choix imposé par un Commandant Kaubach (Pierrejean Pagès), passionné par les livres et la philosophie, la part sombre de chacun est mise en lumière. Le cruel personnage ne manque pas de rappeler aux 7 amis que s’il est question de sauver 5 vies, pas seulement d’en perdre 2. L’amitié prend et perd alors tout son sens.

Les uns et les autres redoublent d’imagination pour tentant de se sauver tous, dans un premier temps, puis de sauver leur peau par tous les moyens, s’enlisant dans la médiocrité. Fuir,  justifier l’importance de son existence, comparée à celles des 6 autres, tel est l’enjeu. Les fauves sont dans l’arène et c’est la peur qui fixe les règles du jeu.

Le sujet est profond, la pièce est parfaitement construite, les différentes phases vont crescendo et s’achèvent sur une double chute au terme de laquelle on se surprend à éprouver de curieux sentiments. Les comédiens sont d’une grande efficacité : faiblesse, perversité, effroi, cruauté… leur interprétation maintient la tension et devient atmosphère. La pièce est rythmée par des jeux d’obscurité et une vidéo, un dessin animé de Cyril Drouin, fenêtre sur l’extérieur de ce huis-clos. Si la scène est terrible, on ne manque pas de rire pour autant : cynisme et ironie sont l’indispensable assaisonnement de ce Repas des Fauves qui s’achève dans un abysse de culpabilité.

Le texte de Vahé Katcha, porté à l’écran par Christian-Jaque en 1964, est mis en scène pour la première fois, au Théâtre Michel. C’est étonnant, tant il semble  être fait pour les planches. Ce qui surprend moins, c’est le fait cette pièce ait remporté 3 Molières en 2011 (meilleure adaptation, meilleure mise en scène, meilleur théâtre privé).

Le Repas des Fauves
Théâtre Michel
38, Rue des Mathurins
75 008 Paris
M° Havre-Caumartin (8 ou 9)

Camille Jochaud du Plessix

Comment l’Esprit Vient aux Femmes ou les dangers du savoir au Café de la gare

Comment l'Esprit vient aux Femmes

Comment l'esprit vient aux femmes, au café de la gare

Comment l’Esprit Vient aux Femmes, adapté et mis en scène par Manon Romy, librement adapté de l’oeuvre de Garson Kanin, avec Benoît Tachoires, Marie-Charlotte Leclaire, Kên Higelin et Richard Leduc.

1946. Après avoir corrompu un sénateur de Washington, un homme d’affaire doit rendre sa femme présentable en société. Malgré les recommandations de son avocat, il engage un journaliste nouvellement rencontré. Peut-être aurait-il mieux fait d’écouter les conseils de l’homme de droit.

Le Café de la Gare est situé dans le marais, au fond d’une cours occupée par la terrasse du Studio, resto que je pense expérimenter cet été. Toute la cours est bordée de salles de danse et en attendant l’entrée dans le théâtre Manu et moi avons tout le loisir d’observer quelques entre-chats et instants “bollywood”. Concernant plus directement le théâtre, dès la porte, le ton est donné : “si c’est pas ouvert, c’est que c’est fermé, inutile de tirer plus fort”, “les réduc, on est pas obligé mais si le coeur nous en dit, on en fait “… Mes citations manquent de précision, mais c’est à peu près ça l’idée.

Le temps que les spectateurs prennent place, quelques notes de jazz plongent dans l’ambiance de l’époque. Le rideau s’ouvre sur une chambre d’hôtel assez luxueuse et dont le mobilier est évocateur. La maison blanche apparaît dans une fenêtre et un poste de radio et un téléphone complètent le décor.

Entrent alors en scène Harry (Kên Higelin), homme d’affaires sûr de lui et gueulard et capricieux, il est accompagnée de sa compagne, Billie Marie-Charlotte Leclaire), jolie petite idiote à lavoix nasillarde et Ed (Richard Leduc), son avocat, la vois de la sagesse dans les magouilles de son patron. L’homme d’affaire est vite interviewé par un jeune journaliste (Benoît Tachoires) qui deviendra le professeur de sa compagne. Dans le physique, tous les stéréotypes y sont : le bide et la moustache, la fourrure et la blondeur, le regard fatigué et la maigre mine désespérée, les lunettes et l’air intègre.

Parmi ces caricatures, c’est le personnage d’Ed, l’avocat, qui semble le plus vrai, le meilleur dans son jeu. Acteur de la pièce et presque autant spectateur de la chute annoncée, il tente de prévenir, de limiter les dégâts, de trouver des alternatives. L’auto-convication d’Harry l’emporte presque à chaque fois dans un aboiement féroce. Il interprète à merveille désespoir de voir quel niveau de bêtise que l’être humain est capable d’atteindre.

La pièce est drôle, on passe un bon moment, mais… Et bien c’est logiquement assez attendu, mais surtout un peu sur-joué tout ça. Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir vu de petits chefs-d’oeuvre ces derniers temps mais disons que ce je n’ai pas eu le coup de coeur que j’ai pu avoir avec d’autres pièces ces derniers temps. Un grand éclat de rire tout de même, au cours d’une partie de carte aux accent bebop au cours de laquelle Marie-Charlotte Leclaire révèle son talent.

Comment l’esprit vient aux femmes, jusqu’au…
Au Café de la Gare
41, rue du Temple
74 004 Paris

Camille Jochaud du Plessix

Hitch, un petit bijou d’humour noir au théâtre Le Lucernaire

Hitch, un petit bijou sur Hitchcock au Lucernaire

Hitch, un petit bijou sur Hitchcock au Lucernaire

Hitch, d’Alain Riou et Stéphane Boulan, interprétée par Joe Sheridan, Matthieu Bisson et Patty Hannok, mise en scène de Sébastien Grall, décors de Valérie Grall.

1962. François Truffaut arrive dans les studios d’Universal pour un rendez-vous avec Alfred Hitchcock. De cette rencontre résultera le “Hitchbook”, destiné, à l’époque, à faire remonter l’estime du maître du cinéma noir auprès des français. Truffaut, alors journaliste aux Cahiers du Cinéma, va découvrir des personnalités hautes en couleur et apprendre d’Hitchcock, c’est Alfred, mais c’est aussi Alma.

Le Lucernaire est un forum du centre national d’art et d’essai. A la fois théâtre, cinéma, librairie et restaurant, voilà une découverte de plus à retenir. La douceur du mois d’avril nous permet, à Manu et moi, d’occuper la terrasse colorée de l’entrée du forum. Je passe vite sur resto – tartare pas mal frites pas top – il me tarde d’évoquer la pièce… Il est temps d’entrer dans “le théâtre noir” et de prendre place sur ces confortables fauteuils rouges. Le suspens a assez duré. La lumière s’éteint.

Elle se rallume sur le bureau d’Alfred Hitchcock et c’est déjà splendide. Une table de bois ronde et quatre chaises, au centre. Un court bar, où patientent verres à vin et bouteille de scotch, sur la droite. Une console avec un téléphone sur la gauche… Et dans le fond, dans cet angle, une sorte de voile laisse apparaitre un Alfred Hitchcock, du sang sur la tempe et sa chemise. Au cours de la pièce, un subtil jeu de lumières masquera cet arrière plan pour se transformer en vue sur les studios d’Universal. Mise en contexte parfaite de Valérie Grall.

Mathieu Bisson est le premier à entrer en scène, en tant que François Truffaut. Désemparé, il est rendu coupable du meurtre d’Hitchcock et aidé par le voix de Mac Guffin (élément mystérieux, prétexte au développement d’une intrigue, je l’apprendrai plus tard), pour comprendre ce qui s’est passé. Il est mince et digne, expressif et passionné par le travail d’un Alfred qui regorgera d’inventivité pour se faire séduire.

Truffaut se remémore sa rencontre de la veille avec le maître, quand Patty Hannock, dans le rôle d’Alma Hitchcock, fait son entrée. On constatera vite la place que Madame Hitchcock a pu prendre dans la vie du réalisateur. Elle est drôle et futée. Elle se fait à la fois incarnation de la perversité au féminin et bonne conscience de son époux. Et quel époux… Joe Sheridan a le physique et l’accent idéal pour incarné Alfred Hitchcock. La corpulence, l’allure, le faciès à douible menton… tout y est. Les regards en coin et les sourires cyniques sont parfaitement maîtrisés.

Les regards, justement, les silences, les jeux visuels, les distances entre les personnages, la gestion de l’espace… La mise en scène de Sébastien Grall cultive à merveille le mystère imposé par le sujet et piquant du texte. Tout sonne juste. Dès les premières minute, sur le visage de Manu comme sur le mien, un sourire se dessine et s’installe jusqu’à la fin de la pièce. Ce texte, de Stéphane Boulan et Alain Riou est plein d’un humour noir et généreux, piquant et tout en finesse.

… Et par surprise, nous sommes allés voir ce spectacle au bon moment. La pièce a été publiée il y a peu, aux éditions Quatre Vents et pour l’occasion, l’un des auteurs est là. En sortant, nous nous dirigeons donc vers Stéphane Boulan pour faire signer un des ouvrages. Manu engage la conversation sur la recherche documentaire qu’a pu nécessiter l’écriture de la pièce. On en apprend un peu plus sur ce qui s’est réellement passé ou pas, l’auteur évoque le Hitchbook, réellement écrit par Truffaut. Il signe son Hitch et nous re- “merci de [n]otre enthousiasme”.

Bref, j’ai l’impression de n’avoir pas vu un spectacle de cette qualité depuis très longtemps… un moment extraordinaire que j’espère revivre au fil des pages… gourmande de ces mots et de cette hitchkockienne culture que je suis. Allez voir Hitch, lisez-la, vous ne le regretterez pas !

Hitch
Théâtre le Lucernaire
53 rue Notre Dame des Champs
75 006 Paris
M° Notre Dame des Champs (12)
Jusqu’au 28 mai 2011.
En semaine à 21h30, le dimanche à 15h.

Camille Jochaud du Plessix

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