La Nuit du Tagueur de Nathanaël Fox, la forêt est urbaine dans le regard du renard…

La Nuit du Tagueur, Nathanaël Fox, éd Riveneuve

La Nuit du Tagueur, Nathanaël Fox, éd Riveneuve

Fin juin 2011, j’ai eu l’occasion de rencontrer Nathanaël Fox, à la foire street art de Saint Sulpice. Auteur de polars et essayiste, quelle a pu être sa contribution à cette foire sur le street art  ? Et bien Nathanaël Fox affirme être le premier auteur d’un roman qui a pour thème central l’univers du graff. Lors de cette foire, présentait La Nuit du Tagueur, publié aux éditions Riveneuve.

Lors de cette rencontre, nous avons échangé quelques mots sur le sujet, sur Les Lilas, ville qu’il habite également, ou encore sur le regard particulier qu’est celui du spectateur curieux qui apprend à voir, à découvir et à se laisser surprendre par l’univers du street art. Apprenant que j’ai un blog, sur lequel le sujet en question est récurrent (à l’échelle de mes connaissances naissantes), il me propose un exemplaire de son livre, qu’il me dédicace.

Pas trop de temps pour me concentrer sur un roman avant les vacances. Nathanaël Fox était prévenu, mais après tout, le suspens, c’est son domaine ! Heureusement, les vacances sont arrivées (et malheureusement déjà terminées)… Ma première semaine a été rythmée par les pages de La Nuit du Tagueur. Curieuse (comme il se doit), impatiente de commencer ma lecture, j’ai mis dans mon sac de plage un roman qui commence… Aux Lilas, rebaptisés l’Orée du Bois pour devenir théâtre de l’action !

C’est un polar… sur l’intrigue, je ne peux donc pas trop en dire… Mais voilà quand même pour la mise en contexte :

Richard voit sa vie envahie par le doute. Peintre, il traverse un blocage artistique. Père, il est spectateur de son manque d’autorité, face à un fils distant et secret. Son couple, quant à lui, se défait peu à peu, ne laissant devant lui qu’un sombre horizon.

David, son fils, semble particulièrement troublé depuis quelques temps… Et pour cause, le jeune homme a perdu l’un de ses proches amis, visiblement assassiné. Joe était membre du crew que David tente d’intégrer et auprès duquel il doit faire ses preuves.

Le manque d’autorité n’empêche une sorte de complicité “artistique” entre le père et le fils. Un jour, David fait remarquer un détail à son père, sur un graff du crew. Il a été toyé, inexplicablement modifié. Rapidement, l’hypothèse d’un lien avec le meurtre de Joe s’impose. Découvertes et rencontres, amènent Richard à enquêter sur le crime.

De l’univers du graff à celui du jeu, le hasard est parfois sous contrôle. Sous la plume de Nathanaël Fox, ils deviennent les ficelles d’une intrigue à la fois sombre et haute en couleurs. Un poème ouvre le roman, il aura le rôle de passage d’un court chapitre à l’autre. Mêlant points de vue et ellipses narratives, l’auteur apporte à son texte une forme de saccade propice aux mondes explorés.

Dans La Nuit du Tagueur, l’art est décliné sous toutes ses formes : des images bien sûr, mais aussi des réflexions et surtout, une galerie de portraits. Richard et David sont les pièces maîtresses de l’expo. Viennent s’y ajouter à l’histoire Gina, la mère, Véronique, la copine de David, Balthazard, le galeriste, Gap artiste proche de l”univers du graff, Euler, le sociologue ou encore l’inspecteur Merle. Les personnages nourrissent des univers plus ou moins parallèles, où la notion de hiérarchie fait loi.

Un roman à parcourir au fil des murs, qu’il a été particulièrement intéressant de lire après avoir découvert L’art du graffiti, 40 ans de pressionnisme, au Grimaldi Forum de Monaco. C’est d’ailleurs Alain-Dominique Gallizia qui a préfacé cette Nuit du Tagueur.

Nathanaël Fox
La Nuit du Tagueur
Editions Riveneuve

Camille Jochaud du Plessix

Give me a wall so I can escape – Petit rattrapage du week-end, Däg et AM sur le mur de Confluences

Lady Alézia sur les finitions du mur de Däg et AM à Confluences

Lady Alézia sur les finitions du mur de Däg et AM à Confluences

Pas à Paris ce week-end, je n’ai pas pu me rendre à Confluences pour le Street Brunch et le Street Market, dans le cadre du festival Give me a wall so I can escape… Au même moment, avait lieu une performance de Däg et AM… Si j’ai loupé une partie de l’événement, je suis passée à Confluences ce lundi pour un petit rattrapage !

J’ai alors pu découvrir le graff que Däg a entrepris (la finalisation est prévue pour mercredi 20)… Du rouge, du noir et du blanc, à nouveau, cette fois-ci teinté également de orange, couleur que l’on retrouve sur l’ensemble du mur et qui, par touches, fait l’effet d’une toile de fond.

AM a peint deux portraits aux couleurs chaudes pour l’un, plus froides pour l’autre…Ce n’est pas le seul jeu d’opposition de la fresque : yeux ouverts ou fermés, langueur ou regard fixe, la graffeuse a fait de ce mur une sorte de miroir inversé.

Au moment où je suis passée, la “calligraffeuse” Lady Alézia est en train d’apposer la signature du festival entre les graff d’AM, un “Give me a wall so I can escape” élancé, féminin !

Retrouvez tous les articles sur Give me a wall so I can escape publiés sur ComCam&Co et l’intégralité du programme du festival !

Cofluences
190, boulevard de Charonne
75 020 Paris
M°Alexandre Dumas ou Philippe Auguste (2)

Camille Jochaud du Plessix

Give me a wall so I can Escape – Changer d’échelle avec Tag’n'Tof, avec le PhotoGraff Collectif à Confluences

Tag'n'Tof par le PhotoGraff Collectif - Festioval Give me a wall so I can escape

Tag'nTof par le PGC à Confluences

Si l’échelle fait souvent partie de l’attirail du graffeur, cette fois, c’est sur le changement d’échelle que les artistes ont joué… C’est parti pour ma première étape du festival “Give me a wall so I can escape”!

A Confluences, c’est bien une ville miniature qui a été reconstituée. Façades, immeubles, camions, et autres véhicules, monuments, c’est un nouveau Pari(s) réussi pour le PhotGraff Collectif ! Sur cette toile de fond en noir et blanc, des graffeurs de tous horizons sont intervenus au Posca, donnant des couleurs à ce paysage urbain.

Des signatures plus ou moins familières (pour la novice que je suis), des bras qui sortent des murs, des mostres magnifiques, des smiley revus et corrigés, des chats sauvages, des visages qui se détachent au travers des fenêtres, des anges, des immeubles qui se font la malle et tant d’autres délires… Plus on en voit, plus il y en a à voir !

Ce paysage a ceci d’extraordinaire qu’il est comme la rue. Oui, il y en a toujours un peu plus à voir, il faut se déplacer pour ne rien louper, se pencher, tendre le cou, se mettre à hauteur… plus encore, parfois il faut chercher le moindre recoin pour trouver de petites merveilles bien cachées…

En parallèle, le PhotoGraff Colletif, composé de Thias, Tat, Syl et Mouarf, expose quelques photos aux formats plus “traditionnel”. Dans des environnements alternatifs, des escaliers, des usines désaffectées,… ils ont mis en lumière les travaux de La Mouche, Spetik, Saner, Mask, Songe, Soez, Hartos de Arte, Taer.

A découvrir pendant le festival…

Retrouvez tous les articles sur Give me a wall so I can escape publiés sur ComCam&Co et l’intégralité du programme du festival !

Cofluences
190, boulevard de Charonne
75 020 Paris
M°Alexandre Dumas ou Philippe Auguste (2)

Camille Jochaud du Plessix

Le samedi, c’est graffiti : de l’Artbattle Gares et Connexions au Graffiti All Starz for Japan !

Samedi, gare du Nord

Samedi, gare du Nord

Ce samedi, à Paris, les événements street art ne manquaient pas. Voilà les deux étapes principales de mon parcours :

La tournée ArtBattles Gares et Connexions propose un tour de france en 4 volets dont le départ et l’arrivée sont situés à Paris. Le thème : les JO da ns une approche New Yorkais contre français! Ce vendredi et ce samedi, se sont affrontés nombre d’artistes, d’ici et d’outre atlantique…

Au moment où je suis passé, Leif Mc Ilwaine et Andre Trenier affrontaient Skio (aperçu mercredi à Saint Sulpice) et Beerens…

Les deux styles étaient complètement différents. Si pour les uns l’approche était plus contourée et mettait en valeur l’effort (New York), pour les autres, la tendance était plutôt de l’ordre du flou, du mouvement, de la vitesse (Paris). Deux approches intéressantes d’un même sujet !

La tournée se poursuit lundi et mardi à Lyon Part-Dieu, jeudi et vendredi à Marseille Saint Charles et s’achèvera samedi et dimanche à Paris Gare de Lyon (la mienne !). J’y serai, ou du moins j’essaierai !

Le dépôt de bus de Pyrénées - Lagny, samedi (une moitié du mur)

Le dépôt de bus de Pyrénées - Lagny, samedi (une moitié du mur)

La deuxième étape de samedi était le Graffiti All Starz for Japan. Dans le cadre de la semaine du hip-hop et du Kosmo Art tour, des artistes du monde entier se sont réunis pour donner de nouvelles couleurs au dépôt de bus Lagny, à l’angle de la rue de Lagny (très original, je l’accorde) et de la rue des Pyrénées.

Sur place, les oeuvres sont en cours et c’est assez impressionnant : des échelles, des escabots, un échafaudage, même !  Le mur est immense, les artistes sont légion. A mi-chemin, un petit camnion ravitaille les graffeurs en couleurs ! La fresque, sur une base de rouge et blanc (n’oublions pas que c’est le Japon qui est à l’honneur), est peu à peu couverte d’ondulation, de signatures, d’œuvres incroyables.

Les artistes sont venus de partout. Malheureusement pas capable de les identifier (à quelques graffeurs près), voilà leurs noms : Kims, Darbotz zt Nsane5 viennent d’Indonésie ; Binho et Bonga du Brésil ;  Nolac, Etnik et Macs d’Italie ; Axe, Stare, Alexendre Veilleux et Fléo viennent du Cananda ; Kine de Pologne ; Jazy d’Autriche ; Alexandro, Guillaume, Nelson, Fred et Aien de Belgique ; Otto, Juice et Besok des Pays-Bas, Loomit d’Allemagne ; Tkid et Ske des Etats-Unis… et les Français Ceet, Tilt, Noe, Batch, Dume, Pest, Loop, Broke, 2Rode, Colorz et Juan !

Camille Jochaud du Plessix

Graffart s’approprie le domaine de Morphée chez Hästens !

Avec Hästens, le graff prend pour cible le lit

Avec Hästens, le graff prend pour cible le lit

Jeudi dernier, Hästens inaugurait une chambre éphémère dans sa boutique de l’avenue de la Bourdonnais. Si la fois précédente, c’est à des designers qu’elle a proposé de re-visiter l’univers du lit, cette fois-ci, c’est au collectif Graffart que la marque de luxe a fait travailler sur ses murs.

Alors que je découvre le rêve vu par le graff, je m’approche d’une étagère pour voir ce qui se cache dans ces petits bouquins posés sur une étagère. J’entends alors “prend celui là il est plus complet”… Ce sont des bouquins sur le graff (j’y reviens dans un instant) et c’est Swen qui m’en tend un exemplaire.

Swen fait partie du collectif qui a réalisé cet espace éphémère pour Hästens. La conversation engagée, j’essaie d’en savoir plus.

Si je n’ai pas trop mal pris mes notes (j’ai un petit doute…), voilà dans les grandes lignes du “qui a fait quoi” dans l’univers du rêve vu par l’univers du graff : partis du lettrage de Nel, les membres de Graffart ont vu le rêve tel un arc en ciel. D’ailleurs, on attribue aussi à Nel, du crew TAP, la partie bleue du décor. Dans cette explosion colorée, Xoër, du crew 3DT, a réalisé les rayons rose et orange. Dans ce crescendo de couleurs, c’est à Ste, de TAP également, que revient le rouge, alors que Swen, du crew 93 MC a opté pour la lumière du jaune. 2Rode et Sam de 93MC, lui aussi, se sont respectivement exprimés en vert et violet.

Si les graffeurs rêveurs se sont installés sur les murs, ils ont également laissé leurs traces un peu partout : télé et télécommande, poste de radio comme on en fait plus, meubles, draps et bien sûr quelques toiles qui jalonnent le parcours du dormeur ! La diversité des styles devient complémentarité et se fait explosion créative… Dormir, oui ! Mais se réveiller avec énergie !

Swen me parle ensuite du bouquin que j’ai dans les mainazqs… Jour J, il s’agit en quelque sorte du “catalogue d’expo”, ou une galerie de portrait des street artists présents lors de la dernière Zoulou Party. L’événement est une sorte de fête à grande échelle autour du street art. Les premières éditions ont été l’occasion de découvrir ou de redécouvrir le graff français des années 1980, puis le graff européen. La prochaine, prévue en 2013, mettra à l’honneur le graff américain des année 1960-1970… ça promet !

En attendant, du luxe au graff, il n’y a qu’Hästen (et oui, jusqu’à 60 000€ le dodo…) ! C’est jour et nuit et jusqu’au 30 juillet !

Et au passage, merci à Swen pour sa visite et son tag de dédicace dans le bouquin !

Hästens
101, avenue de la Bourdonnais
75 007 Paris
M°Ecole militaire (8)

Camille Jochaud du Plessix

Empreintes Urbaines : le monde du street art met sa diversité au service d’SOS Racisme

Empreintes urbaines au palais d'Iena

Empreintes urbaines au palais d

Le Palais d’Iena, siège du Conseil économique, social et environnemental, accueille, du 28 au 30 mai 2011, Empreintes Urbaines. SOS Racisme, en association avec la maison de ventes Pierre Berger, parrain de l’association, organisent cette exposition dans le cadre d’une collecte de fonds.

Afin de découvrir tranquillement les oeuvres et de me préparer ma première vente aux enchères, lundi, je suis passée, ce samedi 28 mai au Palais d’Iena.

Le XVIème arrondissement, surprenant pour une expo sur le street art. On y verra une manière de démocratiser la discipline, probablement une bonne idée pour communiquer sur la tolérance.

Pour cette opération, un thème phare : “touche pas a mon pote”. 84 artistes du monde de la rue, connus ou émergeant, tous créatifs dans leur mode d’expression, se sont penchés sur le sujet. Plus ou moins familiers, certains d’entre eux ont déjà été évoqués sur ComCam&Co :

Alex Mac, Antoine Stevens, Artof Popof, Ash, Axe, Bruce, Cédric Lollia, Colorz, Crash, Da Cruz, Dize, Ella and Pitr, Emilie, Evazé (No Rules Corp), EZP, Fenx, FKDL, Fluke, Fridriks, Gérard Faure, Gregos, Guillaume Mathivet, Ikon, Jace, Jay One Ramier, Jeff Aérosol, Jerôme Mesnager, Jérôme Gulon, Joe J, Kashink, Keo, Kongo, Kool Koor, Kouka, L.N.2.3, Lazoo, Le Cyklop, Like, Liliwenn, Manu DSK, Mimi the Clown, Mist, Monkey, Mosko et Associes, Myré 3DT, Nebay, Nasty, Nelone TAP, Nemi UHU, Nice Art, Nixon, Nourou Naro, Omen, Oskar TAP, Paella, Paul Santoleri, Philippe Bonan, Pioc PPC, Poes, Quik, Sane 2, Scan, Seize Happywallmaker, Shaka et Nosbé, Shuck One, Sife 3DT, Sir (No Rules Corp), Smack, Sonic, Stare, Stephen Torton et Toxic, STF, Swen 93MC, Thomas Canto, Titi from Paris, Tore, Toxic, Tworode, Weane 3DT, Xoer 3DT, Yeemd, YZ, Zek et Zilon.

En toute franchise, l’endroit me semble un peu “sage” ou lisse pour une expo sur le street art. L’ambiance est feutrée, calme… du décalage mais pas trop ! Le plus important étant le fossé existant entre la rue, la vraie, et cet endroit peut-être un peu froid. Cela reste très intéressant à voir. Le street art, parfois objet de controverse, dans son milieu d’origine, devient plus facilement objet de convoitise lorsqu’il pénètre dans un univers plus “politiquement correct”.

Les bénéfices de la vente aux enchères seront au 3/4 versés à l’association, le quart restant étant destiné aux artistes. En plus des 84 tableaux, une oeuvre exceptionnelle est mise en vente : “Gangterizm : Rammelzee & Jean-Michel Basquiat”, de Stephen Torton, photographe, ancien assistant de Basquiat et Toxic, graffeur et compagnon de route des deux acolytes à New York. C’est d’ailleurs le visuel que l’on retrouve sur l’affiche.

Rendez-vous sur ComCam&Co dès mardi 31 mai 2011, pour mes impressions sur la vente aux enchères… En attendant, bonne semaine à tous !

Empreintes Urbaines – SOS Racisme
Vente aux enchères lundi 30 mai, à partit de 19h
Palais d’Iena
9, place d’Iena
75 016 Paris

Camille Jochaud du Plessix

Elles sont à Berlin, elles ne doivent pas manquer…

Berlin par Tim Roeloffs

Berlin par Tim Roeloffs

Ce week-end, deux de mes amies sont en vadrouille à Berlin. Y étant allé en décembre, je leur ai fait quelques recommandations.

Un parcours berlinois en perspective ? Envie d’une approche plus ou moins “alternative”, en version condensée ? (on devine vite que cette ville a tant à offrir) Voilà mes quelques suggestions.

La plupart des auberges de jeunesse sont partenaires d’un organisme qui propose diverses visites de la ville.

Faites le tour gratuit proposé par l’auberge de jeunesse, c’est pas mal pour avoir un panorama historique de Berlin. C’est une bonne mise en contexte. Prévoyez un peu de
monnaie à donner au guide en fin de parcours. Si vous en avez le temps, faites aussi l’alternative tour (payant, environ 12€). Si vous ne le faites pas, vous trouverez dans ce billet quelques endroits intéressants en termes de graffs, st et de culture alternative. Ces endroit seront précédés de la mention “AT”.

Pourquoi pas également se laisser tenter par un Pub Crawl. Visite guidée de quelques bars de Berlin (3 très cool sur 5), les détails à découvrir sur place. Pour ceux qui ne restent pas longtemps et qui ont envie de rencontrer d’autres “voyageurs de passage”, c’est marrant ! C’est probablement encore mieux d’avoir des potes sur place avec lesquels sortir… Ce n’était pas mon cas, j’ai opté pour le Pub Crawl et j’en garde un très bon souvenir !

Tacheles… (Oranienburger straße 54-56, proche station du même nom). INCONTOURNABLE !!! Y étant en hiver, il fasait nuit a chaque fois que j’y passais, ce qui rendait l’endroit un peu intquiétant au primer abord… C’est un ancien lieu administratif nazi, puis communiste. A la chute du mur l’endroit est devenu une sorte de “squart”. Allez-y, montez dans les étages qui foutent un peu la trouille (le 1er passé ça, va mieux). De nombreux artistes ont leu atelier et/ou leur espace d’exposition à cet endroit. Il y a notamment celui de Tim Roeloffs, collagiste dont j’adore “++” le travail ! En sortant de cet endroit extraordinaire, allez prendre un verre dans le bar d’à côté, le Zappata, c’est une bonne conclusion de la visite !

#AT. Restez dans le quartier pour rester sur le mode alternatif. Prenez la direction du musée Anne Frank (mais n’ allez pas, je suis sûre que vous connaissez le bouquin…). Il est indiqué sur la plupart des cartes. Parcourez juste la rue, les graffs et affiches y sont splendides ! N’hésitez pas à aller jusqu’au bout de l’impasse. Vous y découvrirez notamment des
pochoirs d’Alias (parmi tant d’autres), graphiste génial que l’on retrouve un peu à droite à gauche dans Berlin… Vous y verrez aussi quelques graffs d’artistes que vous avez déjà aperçus en France. Il y a un petit escalier tout taggué dans le fond. Il mène à une boutique spécialisée dans les bouquins et objets street art. A l’étage du dessus, une créatrice de mode a son atelier et sa boutique. Elle montre à merveille comment on peut être graffeuse et féminine !

#AT. Un autre endroit incontournable : l’East side galery. Inutile de vous dire où elle se trouve, elle est sur tous les plans ! C’est la plus grande partie du mur encore debout (3km, si mes souvenirs sont bons !), mais également la plus grande galerie à ciel ouvert du monde. Des graffeurs et artistes ont été autorisés officiellement à le peindre en s’exprimant sur des leçons d’humainité, les messages de paix, d’autres pour interpeller… C’est génail. Très touristique, certes, mais vous ne pouvez pas passer par Berlin sans passer par là !

La fondation Helmut Newton (jebensstraße, 2). Elle retrace la carrière du provocateur photographe de mode. On y retrouve même sa voiture et mieux encore, la reconstitution de son bureau. Si la partie sur lui est intéressante, celle sur sa femme, Alice Springs est, à mon sens, plus extraordinaire encore… Elle a réalisé de splendides séries de portraits d’artistes. Je trouve son travail bien plus profond que celui d’Helmut… Il y a pas mal de
choses à voir, prenez votre temps mais n’en perdez pas trop…

Le musée des choses. C’est un musée où il y a… Des choses. A travers les époques, les utilités, les styles… Plein de… Choses à voir. C’est entre le cabinet de curiosités et… Bah en fait je ne sais pas trop quoi trouvé comme élément de comparaison (vide grenier ou Emmaüs ça connote crade) c’est un grand et joyeux bordel organisé. C’est vraiment curieux. C’est pas une priorité mais c’est assez sympa !
Le 60′s’diner (Oranienburger straße, 11 – oui, j’adore le quartier). Les allemands sont nul en bouffe mais sont très bon niveau importation (plein de fast food, de toutes origines, plutôt pas mal et raisonnables, notamment dans le centre commercial proche d’Alexander Platz, dernier étage me semble-t-il). Berlin c’est bien, mais pourquoi ne pas faire un petit détour entre NYC et Hollywood ?! Voyage spatial… Et temporel : dans les années 1960 ! Vous vous souvenez de la scène de danse mythique de Pulp Fiction ? C’est presque ça… Pas installé dans des bouts de Cadillac mais sur de gros fauteuils en sky rouge… Si le coeur vous en dit, vous faites le choix de la programmation musicale… Avec les Juke boxes posés sur chaque table… Au niveau de la carte ? De grosses salades et truc dans le genre, mais ce serait dommage de ne pas se laisser tenter par un BURGER… énorme et super bon (mais mes souvenirs, datant de 6 mois sont un peu flous…) Niveau prix, c’était vraiment pas excessif par rapport au contenu de l’assiette ! J’ai un petit doute mais je crois que c’est ouvert toute la nuit…

A voir aussi : le musée Kennedy, à deux pas de la porte de Brandebourg, le musée d’art moderne près de Potsdamer Platz… et quelques autres choses dont je vous ferai part lorsque mes souvenirs seront revenus… ou lors d’une prochaine escapade !

Bon voyage !

Camille Jochaud du Plessix

L’espace d’un instant, Bruce nous embarque dans des souvenirs animées revus et tagguées !

Bruce - Galerie l'Espace d'un Instant

Bruce - Galerie l'espace dun Instant (toponymie géniale, non?)

Nouvelle approche du travail de Bruce, au vernissage de son expo, à la galerie l’Espace d’un Instant, mercredi 20 avril 2011. Souvenez-vous, j’ai découvert pour la première fois cet artiste à la galerie Art for Smile, dans le cadre de l‘expo du collectif La Street sur le Gâteau.

Lors de la première expo, j’avais du mal à comprendre qui avait fait quoi au sein du collectif, préférant finalement me laisser submerger par le flots de graff, décidant auusi qu’une oeuvre collective s’apprécie dans son ensemble… Là, j’ai pu finalement me rendre compte de ce qu’était vraiment la part du gâteau lui attribuer dans le travail du collectif.

Bruce, c’est le dessin animé… L’enfant a grandi et donne aux personnages d’Hannna Barbera, des magas japonnais des années 1980 aux Looney Toons la pointe de subvertion que l’approche street art induit.

Subversif, parce que Gargamel avec des lunettes griffées, un schtroumpf noir, Duffy Duke armes ou encore une galoche de Jeanne et Serges immortalisée sur la toile derrière des fond graffés, c’est plutôt rare… Le ton est donné avec les fonds des toiles composées du drapeau US ou de Union Jack dans une version tag, et c’est sans parler du mur estampillé Louis Vuitton par un artiste drôle et énergique qui n’hésite pas à mélanger les genres !

Le fait de plonger dans une forme de mémoire collective, dans l’imaginaire d’une prime jeunesse est assez intéressant. Quelques toiles vues, le concept en tête, et l’on a tendance à chercher les petits “vices” cachés, à mieux percevoir les détournements et élans alternatifs dans toutes les autres. le changement de perception offert par Bruce est efficace et drôle.

Une question reste pour moi en suspend : à voir sur les murs ces héros hauts en couleur, je me demande si derrière l’artiste… et son nom, ne se cacherait pas un Bruce Wayne ?! Qui dit street art dit oiseau de nuit… Bruce, c’est un peu Batman & friends.

Galerie l’Espace d’un Instant
Jusqu’au 21 mai 2011
27, rue des rosiers
75004 Paris
M° Saint Paul

Camille Jochaud du Plessix

Ma rencontre avec Miss.Tic à la galerie Fanny Guillon-Lafaille

La dédicace de Miss.Tic - Miss.Tic Femme de l'Etre par Christophe Genin

La dédicace de Miss.Tic - Miss.Tic Femme de l

Jusqu’au 19 avril, Miss.Tic expose à la galerie Fanny Guillon-Laffaille. Sur l’agenda des arts de Canal Street, dans mon souvenir, il était indiqué que l’artiste était présente au moment du vernissage, qu’à regret, j’ai loupé.

Ce samedi après-midi, je prends enfin le temps d’aller voir cette expo qui a lieu à l’occasion de la sortie d’un carnet de timbre Miss.Tic. “Femme de l’être” est le titre de ce voyage dans l’univers de la taggeuse. J’arrive rue de Miromesnil et découvre les toiles de l’artiste. Ça commence dans la vitrine de la galerie, qui accueille d’un “Faire d’un mot le bel amant d’une phrase”. La question ne se pose pas, j’aime, j’adore.

Les fonds sont faits de pages de livres (des éditions des Milles et unes Nuits, me semble-t-il). Les silhouettes noires de femmes aux formes généreuses, soulignées de rouge, sont accompagnées des traditionnels épigraphes et de la signature de l’artiste. On retrouve également les pochoirs qui sont à l’origine des timbre. Sont présentés les “vrais pochoirs” et leurs résultats. Briques et parpaings complètent cette antre où femmes et  palabres sont à l’honneur.

Le trait, le mot d’esprit et d’humour sont là, plein d’acidité et de malice intelligente. “J’ai donné ma langue aux chats”, “L”homme est le passé de la femme”, “Je suis la voyelle du mot voyou”. Et les femmes, ces presque-autoportraits. Elles ondulent, elles sont au comble de la féminité. C’est splendide.

Après quelques minutes de visite, je “sors” d’une toile et remarque le petit attroupement près du bureau, dans le fond de la galerie. Une voix de femme, une vois grave, une voix enfumée demande : “C’est pour qui?”. Je n’en crois mes oreilles. Une personne se décale et Miss.Tic est là. Menue et brune, une grande femme ! Je suis dans mes petits souliers (bleus)… Je continue mon parcours de l’expo, toute chose.

Je choisis un livre de Christophe Genin, Miss.Tic Femme de l’Etre, publié aux éditions des Impressions Nouvelles que je fais dédicacer par l’artiste. Elle y inscrit un de ces “épigraffs” “J’ai donné ma langue aux chats”… Je souligne que ce choix tombe bien, j’adore les chats ! Sans surprise, elle me dit qu’elle aussi et que la galeriste est également adepte des félins. Je me permets alors un “d’une certaine manière, vous êtes un matou dans les rues de Paris”…  Le titre de la pièce de Tennessee Willams ne se fait pas attendre : “Une chatte sur un toit brulant ! ” répond-elle dans un grand éclat de rire ! Comment vous dire que cette journée en a été illuminée ?!

Miss.Tic – Femme de l’être
Galerie Fanny Guillon-Lafaille
18 rue de Miromesnil
75 008 Paris
M° Miromesnil
Jusqu’au 19 avril 2011

Camille Jochaud du Plessix

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