Joplin, Hendrix et Slick, ou comment la note devient coup de pinceau à la galerie Dorothy’s avec Woodstock Revisited

Woodstock Revisited and Uploaded à la Dorothy's Gallery

Woodstock Revisited and Uploaded à la Dorothy

Pour la première fois à Paris, les œuvres de Janis Joplin, Jimi Hendrix et Grace Slick (de Jefferson Airplane), sont exposées dans le cadre de Woodstock Revisited. Vendredi 22 avril 2011, le vernissage était sous le signe du flower power à la Dorothy’s’ Gallery…

Ça commence dans la vitrine, où j’ai le plaisir de redécouvrir les images du film sur Woodstock… Mais les images qui m’intéressent vraiment ce soir sont celles qu’il y a autour. Ce sont celles Grace Slick qui sont tout d’abord présentées. Dans la veine de la chanson qui a fait connaître Jefferson Airplane, White Rabbit, la chanteuse a mis en image Alice au pays des merveilles. Le trait est, comme il se doit, naïf, les couleurs, à la fois franches et lumineuses, elles apportent leur part de mystère aux œuvres. Dans un esprit et un trait assez proche, Grace Slick propose sa vision de Woodstock. Elle combine parfaitement musique et peinture pop (tendance Yellow Submarine en plus détaillé), ce qui se confirme avec les portraits hauts en couleur de ses amis de l’époque, Hendrix et Joplin en tête. Quelques nus au tracé épuré et visions plus surréaliste sont aussi présentées à la Dorothy’s’Gallery. Alors que plus souvent c’est le White Rabbit musical qui mènera à découvrir le White Rabbit pictural, pour moi, le chemin aura été inverse.

Viennent ensuite les œuvres de Jimi Hendrix. L’artiste a commencé la peinture très jeune. Lors de cette expo sont proposées des œuvres illustrant son univers quotidien. Là aussi, on verra s’exprimer des styles divers mais, et là j’avoue ma surprise, dans des genres relativement classiques, à l’instar de Blue Woman, œuvre quasi-cubiste. Il se rapproche de l’impressionnisme, lorsqu’il peint le port de Seatle et plus généralement des paysages. On y retrouve la profondeur planante de ses accords de guitare. On s’étonnera moins (mais on appréciera également), de voir des paroles de ses chansons illustrées de dessins sobres et forts.

Summer time time time… La voix grésillante de Janis Joplin a plongé nombre de fois ma chambre d’adolescente dans l’ambiance 1970, mise à l’honneur à la Dorothy’s gallery. Là encore, que de classicisme là où je m’attendais à voir de l’ultra-psychédélique… Quelques œuvres sur toile me rappellent les portraitistes classiques. On y retrouve une profondeur mélancolique et calme. Ses dessins me font penser à ceux de Yoko Ono… vous vous souvenez de la pochette d’Imagine : le trait est vif et décidé, emprunt d’une touche d’humour et de tendresse. Je découvre un auto-portrait rieur… et j’entends le « that’s’it ! » dans un ricanement, prononcé lors d’un enregistrement de Mercedes Benz.

Dans l’espace suivant, je suis accueillie par… Un chat ! J’adore ! Je suis reniflée à loisir… Zouina est passée par là et le petit félin s’en étonne. Moi, ce qui provoque ma surprise, ce sont les aquarelles et les lithographie d’Henry Miller. Là aussi, on retrouve des traits familiers des artistes du début XXème. J’avoue n’avoir jamais lu Miller, mais je sais quelle influence il a pu avoir sur la « beat generation ». Au niveau pictural, ses sujets sont ceux d’enfants, au travers de formes naïves ou d’un clown : c’est le genre de personnage auquel on pardonne toutes les folies, une manière efficace d’illustrer une forme d’hypocrisie morale qui caractérise l’Amérique de l’époque. Le thème du voyage et de la langueur sont aussi explorés, exprimés une sensualité apparemment partie intégrante de l’œuvre de l’artiste. Mon coup de cœur : Untitled… Visages et symboles illustrent un tendre métissage.

Enfin, la partie « updated », avec le photogrpahe Maurizio Galimberti. Il a longtemps été photographe officiel de Polaroïd Italia, et pour cause. Ses oeuvres sont des mosaïques de photos qui, respectant le sens de la composition, décompose le visage de ses modèles pour les recomposer et mettre en valeur chaque détail. La gente féminine aura tout le loisir d’apprécier en détail les traits de Georges Clooney, Benicio del Toro ou Johnny Depp. On appréciera aussi ces visions nouvelles de Julianne Moore ou Lady Gaga. Dans un style de « photographie cinétique » les cheveux se font crinières, les regards sont mystérieux, le poing, sur lequel repose chaque visage donne plus de force encore à chaque portrait. Me piacie Galimberti !

Woodstock Revisited and Updated…
Jusqu’au 14 juin 2011
Dorothy’s gallery
27, rue Keller
75 011 Paris
M Bastille (1, 5 ou 8)
Ou Voltaire (9)

Camille Jochaud du Plessix

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s