Corinne Dauger « pause » la question de la sensualité au Féminin singulier

Corinne Dauger présente Féminin Singulier, à l'Espace Lhomond

Corinne Dauger présente Féminin Singulier, à l

Du 26 au 29 mai 2011, l’espace Lhomond accueille Féminin Singulier, une exposition personnelle de Corinne Dauger. Jeudi 26 mai, avait lieu le vernissage de cet hommage à la sensualité.

Lorsque j’entre dans l’Espace Lhomond, la fille de l’artiste m’explique qu’à cet étage, sont présentées une des dernières techniques pratiquées par l’artiste qui allie la sculpture à la peinture. Un travail très épuré, proche de l’abstraction, sert de décors à de petite sculptures de bronze.

Je me retourne… et comprends immédiatement le titre de l’expo. La série « Woman in black », est composée de toiles hautes. Sur chacune d’elles, une femme est assise dans un fauteuil Chesterfield, dans des pauses variées, des attitudes choisies. Singulières, parce que les modèles sont seuls sur les toiles, chacune se suffisant à elle-même. Singulières parce qu’elles sont énigmatiques, le plus souvent sûres d’elles, toujours mystérieuses. Elles semblent aussi sombres que l’environnement dans lequel elle se trouvent, la luminosité de leurs cheveux blonds révélant une fausse innocence. Un brin d’imagination me suffit pour entendre leur voix. Dans un voile de fumée, pratiquant à merveille l’économie des mots, j’ai l’impression que l’une d’elle me murmure : « Intriguée ? Ce n’est qu’un début. »

Je prends ces mots pour une invitation à découvrir la suite de l’expo. Au sous-sol de la galerie, j’arrive dans un univers urbain, presque industriel et en même temps très lumineux, hors du temps. La présence féminine, sur chacun des grands formats, aussi étonnante soit-elle, ne semble pas incohérente. Les femmes mises en scène par Corinne Dauger sont sensuelles et provocatrices sans être vulgaires, elles toisent, comme pour affirmer leur féminité dans des paysages citadins en décalage. Le trait rappelle les toiles d’Edward Hooper : le réalisme se révèle dans une mise en lumière particulière et un art du détail porteur de sens.

Le détail, justement, Cornine Dauger en joue, comme les jambes aux courbes délicates représentées sur quelques toiles jouent des ombres. Sublimé par des talons, le galbe devint une ligne de conduite. Sur le chemin, quelques sculptures de bronze : un escalier monté gracieusement par une femme en robe du soir, quelques sacs-à-main (inspirés du célèbre Brick Lane d’Hermès, me semble-t-il…), accessoire féminin par excellence. Tout juste fermé, attrapé à la volée, l’un de ces sacs est peut-être l’indispensable compagnon d’un voyage qui commence dans une gare. Parmi les photos imprimées sur des plaques de métal, mon attention est retenue par ce quai, cette horloge qui annonce un départ proche, une arrivée, peut-être, une fuite, pourquoi pas ?

Dans la seconde partie du sous-sol de l’Espace Lhomond, une série de toiles forme à sa manière galerie de portraits. La féminité, sans la femme elle-même, c’est un vêtement égaré, un accessoire déposé ici ou là. Dans cette série noire, qui fait échos aux « Women in black » du rez-de-chaussée. La plus troublante est, pour moi, la toile sur laquelle une femme est allongée de dos, dans une robe noir, « Tomorow is another day ». Sa pause lascive, ses courbes généreuses en font une sorte d’odalisque moderne.

On l’aura compris, l’artiste décline les technique et son sujet. Si Féminin Singulier rend artistiquement hommage aux femmes, Corinne Dauger est allée plus loin dans son idée. Histoire d’apporter une résonance supplémentaire à cette exposition, le blog Féminin Singulier lui permet à de donner une autre facette à sa démarche. Portraits de blogueuses « à la manière de l’artiste » et questions/réponses sur la féminité, la manière singulière dont elle s’exprime pour chacune, donnent une portée 2.0 au projet.

Féminin Singulier, par Corinne Dauger
Du 26 au 29 mai 2011
Espace Lhomond
21, rue Lhomond
75 005 Paris
M° Place Monge (7)

Camille Jochaud du Plessix

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3 réponses à “Corinne Dauger « pause » la question de la sensualité au Féminin singulier

    • Merci pour ce bel article qui comprend si bien ce que je cherche à exprimer et à donner à voir !
      Corinne Dauger

      • Merci pour ces commentaires !

        @Corinne Dauger : j’ai pris beaucoup de plaisir à écrire sur votre exposition. Je suis impatiente de découvrir la prochaine !

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