De la place de la Com à la « Platz des Roms », Gabriela Lupu se fait observatrice d’une culture à part entière

Platz des Roms, par Adriana Lupu, à l'Institut Culturel Roumain

Platz des Roms, par Adriana Lupu, à l’Institut Culturel Roumain

Gabriella Lupu présente, du 31 mai au 31 août 2011 Platz des Roms, à l’Institut Culturel Roumain. Au travers d’une série de photos hautes en couleurs, dans une approche plutôt objective, elle invite à la réflexion, à porter un autre regard sur la « question des Roms ».

C’est dans la région de Montpellier qu’Adriana Lupu est allée à leur rencontre. Refusant la polémique ou le débat politique, la démarche de Gabriella Lupu s’inscrit plutôt dans le constat. La précarité du mode de vie des Roms, elle l’observe, sans verser dans la représentation de la misère, vision incontestablement réductrice du sujet. Dans ses photos, contrastes et jeux de lumière abordent le quotidien, des habitudes aux visages colorées.

Ce visage, il est encore endormi lorsqu’il se prépare à partir à l’école, aidé par une voisine. Ce visage est fier : les hommes coupent les cheveux de leurs fils, cultivant l’importance de l’apparence. Ce visage est réjouit, une femme danse entourée de petites-filles. Ce visage a un regard pénétrant, celui d’une femme âgée qui se repose sous l’image aguicheuse du mannequin en tenue légère. Ces visages sont solennels, devant leurs habitations de fortune.

On sent, au travers de ces images, une solidarité très forte, une idée de la communauté bien ancrée, qui se précise au fil de quels que mots apportant quelques explications sur ces sourires et ces regards sérieux. Il y a quelque chose de très authentique, un attachement profond à la tradition et à des valeurs codifiées.

On imagine la musique, celle qui a traversé les générations, teintée des influences du voyage. On entend les cris des voisins et les conseils des anciens. On est invité à la réflexion, à adopter un autre « angle de vue ».

Une question que cette exposition soulève est, pour moi, est celle de la distance. Ces photos, Gabriella Lupu les a prises à Montpellier mais elle pourraient tout aussi bien être le reflet de bien d’autres réalités à travers le monde. Quel rapport a-t-on aux favelas d’Amérique du Sud ou aux bidon-villes d’Asie ou d’Afrique (sans être sûre qu’il soit nécessaire d’aller si loin) ? Porte-t-on le même regard sur ce qui se passe près de chez soi et sur ce qui s’en éloigne ? Les choses sont-elles vues différemment par celui qui croise les Roms dans les transports, les rues, le quotidien et par celui qui a d’eux uniquement l’image les media en renvoient?

Cette exposition a vocation à « faire se poser des questions », bien plus qu’à apporter des réponses. Sans dramatisation, Gabriella Lupu illustre des histoires de tous les jours qui donne des couleurs aux idées reçues.

Platz des Roms, par Gabriela Lupu
Institut Culturel Roumain
Du 31er juin au 31 août 2011
1, Rue de l’exposition
75 007 Paris

Camille Jochaud du Plessix

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s