1 mur, 7 graffeurs : le Square Karcher sous le coup les bombes… de couleurs !

Popay - 163 rue des Pyrénées (1)

Popay – 163 rue des Pyrénées (1)

Dimanche 5 juin 2011, ne suivant que mon instinct (et un peu aussi l’agenda des arts de Canal Sreet), je me suis rendue au Mur du 163 rue des Pyrénées. Sur 2 jours, y était prévu la réalisation d’une fresque par 7 graffeurs, un projet rendu possible par Elise, de l’association Artazoï et Nathalie Maquoi, élue de la mairie du XXème.

L’objectif ? Faire vivre le mur. Un mur rendu « légal » par la mairie et géré par l’association. Chaque mois, elle fera venir de nouveaux artistes pour le faire évoluer.

Sun 7 - 163 rue des Pyrénées (2)

Sun 7 – 163 rue des Pyrénées (2)

Avec l’objectif, l’idée : faire durer les travaux des graffeurs. « Pas de karcher au Square Karcher ». Pas de karcher et idéalement, aussi, peu que possible d' »initiatives personnelles » qui viendraient ternir les œuvres de cette galerie à ciel ouvert.

Quand j’arrive, la plupart des graffs sont terminés. Yeemd, lui, continue à travailler. Nous échangeons quelques mots et je profite de l’abribus qui se trouve là pour me poser, finissant moi aussi mes travaux de blogueuse, laissant de temps en temps trainer une oreille lorsqu’il échange quelques mots  avec les passants.

Yeemd - 163 rue des Pyrénées (3)

Yeemd – 163 rue des Pyrénées (3)

Je change de place de temps en temps histoire d’adopter d’autres points de vue. Et je traverse à nouveau la rue, carnet à la main, pour préparer ces quelques mots. Un « tu prends des notes », facilite le début de la conversation (« en fait j’ai un blog et… »).

Je demande, pas très sûre de moi, si quelqu’un qui connait les artistes peut me faire faire une petite visite guidée. On me recommande Cristobal Diaz, réalisateur et photographe, qui commence par un « je sais pas trop… » suivi d’un semblant de conférence sur le sujet.

Speedy Graphito - 163 rue des Pyrénées (4)

Speedy Graphito – 163 rue des Pyrénées (4)

La visite commence avec Popay (1), qui travaille sur une « palette » de couleurs infinie, jouant sur les nuances et les contrastes. Cristobal souligne la proximité avec le dessin « traditionnel », la continuité dans le mouvement.

Nous remontons la rue. Il me présente le portrait en lettrage de Sun 7 (2). L’artiste cache sa signature au travers de l’enchevêtre de signes devenus motifs. C’est cette fois sur les effets de volume que le photographe attire mon attention.

Rero - 163 rue des Pyrénées (5)

Rero – 163 rue des Pyrénées (5)

Le suivant, c’est celui de Yeemd (3). Suivre l’évolution du graff permet de voir les formes se préciser. Le guide continue son explication : il s’agit d’une approche plus contourée, d’un lettrage en volume, le graffeur étant adepte lui aussi des effets de matières.

Nous arrivons devant celui de Speedy Graphito (4), un nom familier et pour cause, ça fait déjà 25 ans qu’il pare les murs ici et là. Là, des lapins délirant, mais surement pas crétins (oui, facile). Pas crétins, subtiles. Si les « profanes », m’explique Cristobal, y voient des bêbêtes aux grandes oreilles, les initiés décryptent la signature haute en couleurs de l’artiste.

Tanc - 163 rue des Pyrénées (5)

Tanc – 163 rue des Pyrénées (6)

Nous continuons à remonter la rue. Rero. Lui aussi, je le reconnais ! et les choses deviennent très clair quand Cristobal cite « j’airais préféré un mur blanc plutôt que cette affiche de merde ». Le lettrage est très clair, très lisible, toujours barré d’une ligne et à chaque fois assez symbolique ou énigmatique.

Tanc (6) est aussi un artiste qui travaille le lettrage très lisible, mais c’est dans le mouvement qu’il inscrit une marque qui me donne l’impression d’un cri métallique. Comme une astérisque à « son blaz », il fait apparaitre le nom de son  crew : VAO.

L'Atlas - 163 rue des Pyrénées (7)

L’Atlas – 163 rue des Pyrénées (7)

Pour finir, nous arrivons devant travail de L’Atlas (7). Nom qui ne m’est pas inconnu non plus. Pendant une partie de ce parcours, j’ai parfois eu l’impression de réapprendre à lire. Le professeur poursuit sa leçon, soulignant une calligraphie à la fois arabisante et abstraite.

Les graffs sont là pour un mois environ, jusqu’au 10 juillet. Le rendez-vous est pris. Dans le cadre du festival « Give me a wall, so I can escape », ce sont des graffeuses qui s’exprimeront sur le mur sur le thème « Fémicité ». En avant-première (avec pas mal d’avance), j’ai fait la rencontre de Däg, qui a commencé avec les stickers pour aller vers le pochoir.

Voilà pour le premier round sur le Square Karcher. Très vite, sur ComCam&Co, plus d’info sur le festival… en attendant, pourquoi pas passer par les Pyrénées, on y voit des bêtes curieuses et de la peinture sur les murs !

Pas de karcher au Square Karcher
Jusqu’au 10 juillet 2011 et un peu plus encore
163, rue des Pyrénées
75 020 Paris

Camille Jochaud du Plessix

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4 réponses à “1 mur, 7 graffeurs : le Square Karcher sous le coup les bombes… de couleurs !

    • Merci pour ton commentaire !

      Je ne peux que t’inciter à y aller, ça vaut le détour… Une petite précision au passage : le bus 26 a un arrêt (dont je ne me rappelle pas le nom) juste devant lee mur !

      A plus !

  1. Qu’est devenu ce mur aujourd’hui ? Y a t-il toujours des graffs à voir ?
    J’aime vos collages ! A quand le prochain reportage urban art ?

    • Bonjour,
      Merci pour ce commentaire ! Le mur est géré par l’association Artazoï et est renouvelé régulièrement… passez dans le quartier, il y a aussi quelques galeries sympas dans le coin, certaines, comme Confluences ou Openspace, font parfois l’objet d’un billet sur ce blog !
      Bonne journée

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