40 ans de pressionnisme : l’art du graffiti présenté par Gallizia à Monaco

L'art du graffiti, 40 ans de pressionnisme - cet été la collection Gallizia est à Monaco

L’art du graffiti, 40 ans de pressionnisme – cet été la collection Gallizia est à Monaco

La langueur des vacances ralentit largement mon rythme de publication… Et pourtant, dans le sud aussi, il s’en passe des choses.

En sur-consommation de soleil mais en mal de street art pendant les congés d’été ? Sûrement pas ! Cette année, le Grimaldi Forum de Monaco présente « L’art du graffiti, 40 ans de pressionnisme », jusqu’au 19 août 2011. Dans la région au bon moment, je ne pouvais rater ça sous aucun prétexte.

Accompagnée de ma mère, qui suit ma découverte du monde du street art dans ses grandes lignes depuis quelques mois, c’est l’œil avide que je me suis rendue sur le Rocher aux premières heures des vacances. Cette expo, une sorte de remake de celle qui a eu lieu au Grand Palais en 2009, est l’occasion de voir la collection Gallizia actualisée.

Après avoir visionné la vidéo, donnant un intéressant éclairage sur la collection « Amour », mi-signature, mi-interprétation, ma maternelle accompagnatrice et moi avons commencé à parcourir cette riche exposition. Celle-ci est divisée en grands chapitres parmi lesquels les collections « Amour », « Esquisses »,  « Mini formats », « Vintage », « Rammellzee » et la collection « Verticale ».

A peine quelques toiles parcourues, tout juste le temps de prendre conscience de l’ampleur de l’initiative, nous entendons des voix. Nous rapprochant, nous découvrons qu’il s’agit d’une visite guidée, dont le conducteur n’est autre que… Alain-Dominique Gallizia.

Un regard mère-fille et l’accord est passé, nous suivons la visite… ou du moins la fin. Il propose alors de signer le catalogue de l’expo (dont je m’empresse de me munir) et au fil des conversations, j’entends qu’il annonce la visite suivante. Je fais signer le catalogue en échangeant quelques mots avec le collectionneur… and let’s go.

Passionné, il entreprend d’expliquer la naissance du graff. Les toiles de la collection « Amour » sont de parfaites illustrations pour expliquer l’évolution des styles, le sens de la hiérarchie inhérent à cet univers, la manière dont certain se sont créés leurs noms et bien sûr, le sens du terme « pressionnisme ».

Le terme recouvre plusieurs définitions : la pression sur la bombe, pour peindre, est peut-être celle qui vient immédiatement à l’esprit. C’est loin d’être la seule. On entendra également par pressionnisme la pression au sein même de cet univers artistique. C’est aussi la pression de la ville, marquée par ces acteurs plus ou moins anonymes. Enfin, il s’agit de la pression du public, qui, méconnaissant cet art, a parfois du mal à en comprendre la teneur, au point d’être un peu… effrayé.

Si l’architecte a entrepris de partager sa collection, c’est, explique-t-il, en grande partie pour faire changer regards et idées reçues. L’inconnu fait peur ? Qu’à cela ne tienne, Gallizia a décidé d’initier les curieux !

La collection « Amour » (un mot que les amateurs savent lié à Jean-Luc Duez) est parcourue au fil des grands noms de la discipline. Puis il est temps de passer par la collection « Esquisses », pour comprendre comment fonctionne le monde du graffiti. Le graff est d’abord croquis, il prend ses couleurs et doit être validé par le crew avant d’être réalisé sur un mur, l’esquisse dans la main du graffeur. Pour gravir les échelons, il faut accomplir des performances. Pour passer maître, il faut faire évoluer cet univers.

Gallizia fait ensuite passer son public par la collection « Vinatage ». D’anecdotes en faits fondateurs de l’univers du graffiti, il explique la complexité de l’utilisation de la bombe, les années d’expériences nécessaires, l’absence de réglementation, qui, aux premières heures, a permis des exploits délirants, contexte qui a largement changé.

Devenant presque conteur, le collectionneur, poursuit, non sans émotion, la visite avec l’hommage rendu à Rammelzee. Les grandes étapes d’African Hollywood, le trio formé avec Basquiat et Toxic. Il relit pour la énième fois les messages laissés par l’artiste au travers de ces dernières toiles.

Avant un ultime détour par la collection « Amour », pour conclure la visite, Alain-Dominique Gallizia nous mène vers la collection « Mini formats », qui regroupe toute une série de flops. Formes, utilisations des couleurs, le trait, toutes les techniques y sont.

Arrive ensuite la collection « Verticale ». Si « Amour » s’illustre dans l’horizontalité, Gallizia a proposé à quelques artistes de travailler dans l’autre sens… une orientation qui opère un changement de rythme dans le parcours graphique.

Une expo riche et passionnante, de quoi s’enivrer de formes, de couleurs et d’histoires extraordinaires, comme des réponses à des questions que ne se posent pas forcément les visiteurs de tous horizons qui la parcourent.

L’art du Graffiti, 40 ans de pressionnisme
Jusqu’au 19 août 2011
Grimaldi Forum
10, avenue Princesse Grace
MC 98 000 Monaco

Camille Jochaud du Plessix

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