Lire entre les lignes avant de voir Political Lines, avec le Journal de Keith Haring

Keith Haring, Journal, Editions Flammarion

Keith Haring, Journal, Editions Flammarion

Je pense que je suis né artiste. Je pense que je me dois d’être à la hauteur de cela. J’ai passé toute ma vie jusqu’à maintenant à essayer de comprendre la responsabilité qui est la mienne. J’ai appris en étudiant la vie des autres artistes et en étudiant le monde. Je contribue au monde par mon talent de dessinateur. Je dessinerai autant que possible pour le plus grand nombre de personnes possible, aussi longtemps que possible. Le dessin n’a pas beaucoup changé depuis les temps préhistoriques. Il rapproche l’homme du monde. Il vit par sa propre magie. »

Heith Haring, Journal, 1982.

Avec les beaux jours, arrive la rétrospective Keith Haring, à découvrir jusqu’au 18 août 2013, au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris et au 104. De multiples publications ont paru et paraitront encore sur le sujet. Pour ma part, je n’ai encore rien vu, par contre, j’ai préparé mes visites à venir avec la lecture du Journal de Keith Haring, édité chez Flammarion.

Dans ce fascinant document, Haring affirme que « Dans la peinture, les mots sont présents sous forme d’images ». Loin de dresser un simple autoportrait, c’est une véritable réflexion sur le monde de l’art qu’il mène au fil de ses voyages et de son parcours artistique. Quelques détails du « quotidien » apparaissent ici ou là, à l’instar de la qualité de ses dégustations, mais c’est surtout le récit d’une vie vouée à l’art qu’il relate.

Sans complaisance et avec humilité ; hors de toute lamentation concernant sa maladie et celle qui ronge son entourage ; avec la volonté de faire honneur à la vie à chaque instant ; dans le souvenir de grands noms mais aussi d’anonymes que le destin a placé sur sa route ; nul voyeurisme ou provocation… ses mots dessinent un monde de l’art au sein duquel il se fait tour à tour élève, acteur, observateur, professeur. S’il formule des remarques passionnantes, il ne s’abstient d’en être « critique » et opte pour l’idée de le prendre à contre pied pour mettre l’art à la portée du plus grand nombre…

Les dix années retracées au travers des pages, à intervalles irréguliers, explicitent et font écho au travail acharné de l’artiste. Le nombre d’œuvres évoquées est impressionnant (plus encore lorsque l’on imagine que les moments où il n’a pas pu écrire étaient occupés à produire), tout comme le temps passé dans les aéroports d’Europe et du Japon. New York est omniprésente mais il se révèle avant tout citoyen du monde.

Inutile de trop en écrire, l’œuvre se suffit à elle-même. Il faut lire ce Journal, dont la préface est signée Shepard Fairey et l’introduction Robert Francis Thompson, dévorer à belles dents ces pages passionnantes et ainsi prendre part à l’un des vœux les plus chers de Keith Haring : continuer à le faire vivre par son œuvre.

Lire le Journal de Keith Haring , C’est prendre une leçon de vie et enrichir la perception de son art… Avant de le vouloir urbain, Haring l’a voulu sincèrement « pour tous » et a travaillé sans relâche en ce sens.

Keiht Haring, Journal
Editions Flammarion, mais 2012.
 
The Political Line, Rétrospective Keith Haring
Jusqu’au 18 août 2012
 Musée d’Art Moderne de la ville de Paris
11, avenue du Président Wilson
75 116 Paris
M°Alma-Marceau
 Le 104
5 rue Curial
75 019 Paris
M° Riquet
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